‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 55 sur 205 · DXIII. — AIX S(EIRS CONVERSES DE PORT-ROYAL DE PARIS · texte numérisé non relu

DXIII. — AIX S(EIRS CONVERSES DE PORT-ROYAL DE PARIS

VOUS aurez de la séparation qui se prépare, (juil n'y a rien que je ne voulusse faire pour vous adoucir celte amertume. Je m'adresse a Hieu, qui est l'unique consolateur des âmes, alin qu'il vous lasse la grâce de la porter avec toute la soumission que vous devez a sa sainte volonté, de laquelle notre vie et noire sanctificalioii dépendent. C'est à présent, mes trèsclières sœurs, un temps de sacrilice, et il n'y a personne (jui ne soit obligé d'en faire à Dieu par hommage à la cLiarito infinie qu'il a eue pour nous, en n'épargnant point son propre Fils pour notre salul. Une seule action pareille a celle que Dieu vous demande en cette occasion, vaut nueux que dix mille autres eu des rencontres ordinaires. Prenez donc bien garde, je vous en supplie, mes chères sœurs, de n'en pas diuunuer le mérileeiiadheiaut trop à votre douleur. Dieu com|)tera A os larmes, et il les mettra en sa présence, connue dit le Prophète, jiourvu qu'elles soient modérées; au lieu (jue si vous donniez la liberté a vos sentimens, vous ne seriez plus capables de faire votre ollrande a Dieu dans la paix et la douceur d'un esprit qui veut être parfaitement soumis à tous ses ordres. Ne pensez |)oint à la suite des choses, mais idnuuluunez-vous a la conduite de Dieu, qui est le protecleur des altligés et des délaissés. Vous pouvez vous assurer, mes trèschères sœurs, (jue toutes celles dont vous serez séparées extérieurement vous porteront toujours dans leur cœiu', et que je serai toute ma vieaiiluul unie a nous (pic j'y ai jamais été, connue je me (iromels que j aiuai toujours la même part à votre chaiitt et a vus prières.

Sa'iu- Caiheiune Agnés-de-Saim-Pai i. '.

> Le vendredi 3 juillet, on (il partir la mère Agnès pour Port-RopI-des- Chainps avec quuUe des religif u^es» qui étaient fXilées, ei Irenle rclii^ieuses (Je 1'. K. de l'jiis. l^e Icndenuin, il pailil encore plusieurs des religieuses do l'aiis, av»'fciiu| sa'Ui> coiiveisvs cl m.\ des sceiii s t-xilees. Li-s religieuses se Iromereiil alor.t réunies dans la inaisun de V. U. di s (,liain|is au iiunilire de soixante-ir«'ize, sa\oir soixanle-une de eliteur, t-l douze eon\rr.>es. I.e ii juillet, l'uiclioéque y envoya encore quatre reli^ieu.-es, deux de clia-ur cl deux converses; et le i->, la niere de l.igny, abbesse, et la sieur Aniic- Cécde, qui étaient exilées à Meaux, arrivèrent ù I*. U. des Champs.

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