‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 59 sur 205 · DXXV. — A MADAME DE POIX · texte numérisé non relu

DXXV. — A MADAME DE POIX

puisque toutes les peines qu'on est obligé de souffrir en l'autre vie pour se rendre dij^ne de Dieu, viennent de rattachement qu'on a eu au\ créatures, au préjudice de la seule attache qu'on devoit avoir avec Dieu.

Ça été sans doute un grand accablement pour vous, que votre affliction ait été suivie d'un poids si pesant que celui de lacharj;eoù vous êtes entrée; je sais lappréhension extrême que vous en aviez, qui est néanmoins une des meilleures dispositions que vous puissiez avoir pour la bien exercer.

C'est avec grande raison (jue vous renouvelez le souvenir de celui' (|ue vous n'avez plus, et dont les conseils vous auroienl été si nécessaires. Dieu a prévu tout cela, et il a voulu vous obliger par là à redoubler votre confiance en lui seul. Je vous dirai, ma très-chére mère, une pensée (|ui vient de luimême, en instruisant une personne <|ui se trouvoit chargée de la conduite des âmes, et qui trembloit de se voir engagée à un si {^raïui emploi. 11 lui dit (juVlle (h'voit dire à Dieu connue la sainte Viergu dit a lange ; Comviciit .se fera ceci '/ et «luil lui répoiulroil dans le fond du cœur : Le Sainl-Ksprit surviendra en vous, (pii est la promesse que Jésus-Chiist lait dans l'Evangile à ceux quil appelle sa mère, parce (ju'ils le font naître dans lésâmes par leurs instructions, comme l'Ecriture dit que la sainte Vierge a con^u le Fils de Dieu jiar la foi; ainsi ceux (jui ont une foi et une conliance en Dieu (jui les empêchent de se regarder eux-mêmes, sont dis|)0sés à ce qu'il fasse paroître en eux les merveilles de sa grâce toidepuissante.

Je demande a Dieu pour vous, ma très-chere mère, (jue vous soyez de ce nombre, et ([u'il répande de nouvelles bénédictions dans votre maiscui, qui vous fassent recueillir plus de fruit (|ue vous n'en osez espérer.

» M. Sim5lin.

DXXVL— A Madame de Foix, abbesse de Saintes.

Au sujet de sa bénédiction qui était retardée.

(Fers 1666.)

Je ne sais point de gré à madame la comtesse de Foix d'avoir retardé votre bénédiction, car je voudrois que cela fût déjà fait, pour vous délivrer de la distraction et de l'embarras que vous en aurez. L'on doit bientôt bénir une abbesse de nos voisines, qui prendra avec elle deux de ses religieuses anciennes ponr l'accompagner, au lieti d'autres abbesses, parce que le Pontifical ne parle que de deux matrones. Je vous le dis. Madame, parce qu'il est venu au bout de ma plume, et que je désirerois qu'on abrogeât cette coutume de faire sortir des abbesses de leur clôture pour ce stijet.

DXXVIL— A M. de Sévigné.

Sur la prière.

{Vers 1666.)

Je ne saurois, Monsieur, que je ne loue la sainte soif que vous avez de la justice qui vous fait désirer d'ajouter prières sur prières; mais il y a tant d'excellences dans les choses de Dieu, qu'une même vérité et une même élévation d'esprit vers lui se diversifie et s'étend en une infinité de mouvemens, qui les rendent toujours anciennes cl toujours nouvelles. Ce n'est pas qu'il ne soit fort bon de diversifier ses dévotions, et si j'en avois quelqu'une à vous donner, je serois fort aise d'augmenter vos trésors. Mais je n'ai rien, et je ne me souviens de rien présentement; mais vous voyez souvent une personne qui est riche et abondante : adressez-vous-y, s'il vous plaît, et il ne vous laissera point vide, si ce n'est qu'il juge que vous avez trop d'appétit, comme il arrive souvent au retour d'une maladie, et qu'il ne faut pas surcharger l'estomac.

nXXVIII.— A M. IIAIDHI l»K SAIM-(ilLLES DASSO.N. :>3"

DXXVni —A M. Baudri de Saint-Gilles d'Asson'.

Elle le remercie d'èlre venu à Porl-Royal, el sVxcuse de ne l'avoir point vu.

(W-rs mars 1667.)

Permettez- moi. Monsieur, de suppléer par ce billet à la perte «iiie j'ai faite de ne mètre pas trouvée au Jardin mercredi dernier; jaurois eu beaucoup de satisfaction de vous faire paroître par signes la joie que j'aurois eue d'avoir l'honneur de vous voir, encore que ce soit presfjue autant par la foi que par les yeux : c'est ce qui rendra nos communications plus fréquentes, et hors de prise à ceux qui les veulent em[>èclier. Vous traf^nez, Monsieur, plus (jue nous, n'aj^nssant pas seulement de l'esprit, mais y ajoutant la peine d'un voyaj^e, puisqu'on ne visite les prisonniers (pi'en les allant trouver, sans qu'ils aient le pouvoir de faire une seule démarche [)Our aller au-devant de leurs amis. C'est néanmoins notre bonheur et notre avantage que de porter cette qualité, sans lacjuelle nous ne mériterions pas (jue vous eussiez tant de bonté jmur nous; ajoutez-y, s'il vous plaît, Monsieur, h; secouis de vos prières envers Dieu, afin qu'il nous rende plus dignes de l'état où il lui plaît que nous soyons, et qu'iine captivité si exacte nous mette dans la liberté de ses enfants, qui ne craii:neut et (pii ne se réjouissent de rien (|ue d'avoir Dieu \)Ouv Vive. Nous sommes assurées que Dieu com[)tera toutes les bontés (jue vous avez pour nous : c'est ce (|ui me met en repos dans l'impuissance où nous sommes de les reconnoître. Je vous su|>plie très-humblement d'assurer .Monsieur votre compagnon de voyage que je suis dans les mêmes sentimens à son égard, et que je regarde avec vénérati(»n les niarijues (|ue fHeti lin d(»mie de de son amour, en le laissant dans la langueur du coi[)S pour augmenter la vigueur de son esprit. Je suis à tous deux autant

' Antoine B.-iu<lri de Sainl-fiillcs d'Asson, ^îonlillinniine dt« Pollmi. (|uiiia lin |>ri<'iir<' ipril :i\;iil, n vint >•• rclirri il:ms Li Miiiiu-ir dr l'orl-Uoyal-deb- Cluiii|)b en 1617. Il ol iiiorl u l'jris le .iO dccinibic 166S.

(jiie Dion mclo permet, ou plutôt qu'il m'y oblige, Irès-huinble et très-obéissante.

Sœur Catherine-Agnes de Saint-Paul.

DXXIX.— A M. Baudri de Saint-Gilles d'Asson.

Elle lui lémoigne sa i^ralitude pour les services qu'il leur roiidail, cl lui parle ties alFaires de Port-Royal.

Ce 4 3 mars (16G7).

Je désirois seulement, Monsieur, de vous témoigner ma gratitude par mon billet, et vous m'avez engagée à de nouvelles reconnoissances en le recevant avec tant de bonté et en me témoignant, par la lettre que vous m'avez fait l'iionneur de m'écrire , que vous aviez encore plus de charité pour nous que je ne m'étois imaginé; ce qui me fait voir la vérité de l'Évangile, que Dieu donne à ceux qui avoient déjà beaucoup, la grâce que les autres ont refusée. Ainsi, ce qu'il fait en notre faveur à votre égard, supplée à notre impuissance, mais non pas à mon ressentiment, que je conserverai toute rna vie, pour vous rendre en sa présence tout ce que je vous dois. Je l'ai supplié, Monsieur, de vous inspirer ce que vous devez faire sur l'emploi dont vous me parlez. Toutes les raisons que vous représentez n'étant pas de conscience pour la crainte que vous avez de manquer à votre vocation, me donnent sujet d'espérer et d'oser vous dire que vous ne l'intéresseiez point, et qu'encore que la solitude et la sé[>aration du monde soient si nécessaires, il y a néanmoins des sujets d'en sortir et d'avoir du commerce avec les hommes, d'où l'on recueille plus de fruit que de n'être qu'à soi-même. En disant cela, je marche sur les pas d'une personne (jui ne se trompe pas, comme je crois, en vous le conseillant. Les brebis de Jésus-Christ, selon qu'il est marqué dans l'Évangile, entrent et sortent, et trouvent de la pâture partout; et la solitude est doublement agréable quand on y retourne après avoir longtemps soupiré de l'avoir quittée.

Pour ce qui est de Mademoiselle votre nièce, je crois que c'est un devoir indispensable de l'assister dans un si grand

DXXIX.— A M. HAIDRI 1>E SAINT-GILLES d'aSSON. :230

délaissement. Et ceii est un antre tle faire part de la vérité à ceux qui ne la connoissonl i)as, et qui ont de la disposition pour lenibrasser; mais, pour les autres, iXotre-Seigneur défend de jeter les perles à ceux qui n'en connoi>scnt pas le prix, et qui changent souvent le bien en mal; au lieu (|uune humble retenue (jui ne s'avance point les édilie et leur donne de l'estime de ceux qui en usent de la sorte. Madame de Saintes' est une personne capable de tout, et qui recevra votre visite avec beaucoup de joie. Je ne saurois trouver une meilleure occasion pour lui présenter un billet, puisqu'il vous plail de vous y offrir.

Pour le dernier point dont vous me parlez, je ne puis rien faire (pie den gémir devant Dieu, n'ayant aucun nioven d'y apporter du remède, encore que cela soit plus sensible que je ne puis l'exprimer depuis (jue j'en ai eu la connoissance, (jui a été devant (jiie île sortir de Paris.

J'espère, Monsieur, (pravant votre voyage, vous mettrez ordre à tout ce (ju'il faut faire pour vous opposer à la profession des lilles (jui reçurent Ihahit à l'orl-Iloyal au mois de mai dernier. Il n'y a rien (|ui me touche davantage que de voir planter dans la terre du Seigneur des plantes que son Père céleste n'a point plantées et (jui méritent d'être arrachées. Je crois bien pourtant (ju'on ne laissera pas de passer outre; mais on fait tout cela parce ipi'on est obligé de le faire, encore qu'il y ait toute sorte d'a|)parence que cela ne réussira à rien; ce (pii ne fera pas cpie votre peine soit perdue, puis(|ue Dieu, qui n'a que faire de rien, ne laisse pas de com[)ter tout ce (jue l'on fait selon son ordre et ne f;iit que changer nos bonnes intentions en d'autres ([ui sont encore meilleures, parce (ju'il les rapporte à lui-même, (pie nous dcNons regarder unicjuement. Je le sup|»lie très-humblement (|u il vous augmente ses grâces, et qu'il eondiiise tons vos pas dans \otre V(tyage, (pie vous n'entie|)ienez (|ue pour suivre sa volonté.

' Ma<lame de Foix.

2i0 LE! TRES DE LA MEUE AGNÈS.

DXXX.— A M. de Sévigné.

Elle lui témoigne sa joie d'apprendre le rélablisseuienl de sa santé. — Rien ne peut séparer ce que Dieu a uni par ta charité.

Mars 1667.

Je n'eus point d'autre pensée, mon très-cher frère, quand j'appris le grand accident qui vous étoit arrivé, que de m'adresser à Dieu pour vous, ayant cru que vos grandes douleurs cl le péril où vous éliez ne me permettoient pas de vous rendre les témoignages de mon ressentiment; mais ayant appris que l'espérance de votre santé a succédé à la crainte, je ne puis manquer, après en avoir remercié Dieu de tout mon cœur, de vous assurer de la joie que j'en ressens et du désir que j'aurois que vous vécussiez autant pour Dieu que vous avez fait pour le monde, encore qu'il ne soit pas nécessaire, parce que ceux qui ne travaillèrent qu'à la dernière heure ont été préférés aux autres. Mais ce qui m'a réjouie davantage, c'est d'a[)prendre que votre souffrance a été un don de la main de Dieu, et qu'il a exaucé le désir qti'il vous avoit inspiré d'être fait participant de la souffrance de ses serviteurs qui confessent sa vérité devant les hommes, en vous mettant à couvert de la gloire d'une telle confession, ce qui n'empêchera pas qu'il ne vous confesse devant son Père et ses anges, puisque vous seriez prêt, s'il vous y engageoit, d'entrer dans le combat. Néanmoins vous trouvez des inventions de gagner d'un côté ce que vous ne gagnez pas de l'autre, en vous privant d'une commodité qui vous étoit nécessaire, pour augmenter vos fi^uils de justice, en augmentant vos libéralités envers des personnes que vous en croyez dignes, mais qui ne le sont (|u'à votre égard, puisqu'il vous sera fait selon votre foi, et qtie Dieu ne rejettera point les prières des pauvres, qui sont une suite de la gratitude à quoi il les oblige.

Cependanl nous éprouvons que rien ne peut séparer ce que Dieu a uni par sa charité, et que même la séparation ajoute quelque chose à cette luiiou, en la rendant plus spirittielle par la privation de ce qui la rendoil plus salisfiiisanle ; et si jétois

DXXXI. — A M. DE PONTCHATEAt. '2 M

assez fidèle pour ne me rien donnera nioi-nième, selon le désir que Ion a de nous ôler tout, Notre -Seigneur au roi l fort agréable cette conformité, que je vous supplie très-humblement de lui demander poiu'moi, et de croire que je suis, avec le respect que je dois, votre très-humble et très-obéissante servante.

DXXXI.— A M. de Pontchàteau'.

Sur r.iullieniicilé du présent «le la vraie Ooix qu'il avait fait à Porl-Royal. Avis plt'iii lie discrétion et de modération sur ce (|ui s'éiait passé chez les Ursulines de Ncivers.

Gloire à Jésus au Très-Saint-Sacrement !

Le jour dr la i^ainlc Croix, 3 mai 1607.

Monsieur, Le précieux présent tjuil vous a plti de faire à noire monastère nous étoit assez recommandable sur votre parole, mais il n'auroit pas été dans la même vénéiation à celles qui nous suivront, sans l'attestation (juil vous a plu d'y joindre, qtii est, ce me semble, siiftisanle jiour rendre celte sainte relique digne de tout honneur et pour nous obliger à vous en rendre de très-humbles actions de grâces; à tpioi nous ajouterons nos foibles prières devant Dieu.

Vous avez tro[) de bonté. Monsieur, de notis parler des Ir- , sulines de Noyers, que nous aimons et avec qui nous avons conformité dans la persécution. Dieu les a visiblement protégées dans leur visite; elles feront bien de ménager celte grâce en rendant ime o])éissance exacte à leur visitem-, Klles le peuvent pour le sujet (b.'s livres dont elles iloive'til, ce me sen>ble, se priver absolument, dans l'espérance (pi'il potirra venir un temps plus favorable et «jue Dieti récompenseia leur obéissance en les foililiant dans les bonnes maviiues ciuelles y ont apprises pour la sainte communion. On Ktil bien (|ii'on ne les y peut obliger, si elles ne sont disposées comme il laiil;

• Séliaslipn-Jos«»pii du Cainlxmt de Pontchùleau. Il a demeuré à l'ort- Koyal-<les-( .liamps, depuis •♦;6'J jn'-(|u'en KiT'.t. Il se relirii a l'ahbaye de Hautefniiiaiue en l<>8(), puis h l'alihaye d'Orval en 1085. Il est mort i l'aris, le 27 juin IH'.IO, h l'ûge de ."i7 ans.

T. II. t<»

mais c'est aussi ce que nous devons faire, que de travailler toujours pour acquérir cette disposition. C'est pourquoi j'aurois désiré que cette religieuse, qui s'est excusée au visiteur, ne l'eût point fait, mais qu'elle eût accepté son ordre en silence : ce qui n'auroit point empêché qu'elle ne se fût éprouvée elle-même dans la suite, avant que de s'approcher si fréquemment de la sainte communion.

On est sujet à faire des fautes de cette nature quand on a quelque connoissance de la vérité; ce qui est cause que la vérité même en souffre et que lindiscrélion et le peu de silence fait que l'on blâme les bonnes choses. Mais c'est trop demander aux personnes de notre sexe, qui manquent ordinairement de l'un et de l'autre. J'y tombe présentement dans ce défaut, en parlant d'une chose dont on ne me demande pas mon avis, et encore en vous donnant la peine de lire de ^i mauvais raisonnemens.

Je suis, avec tout le respect que je dois, Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissante servante en Jésus-Christ,

Sœur Agnès, R^ ind"*.

DXXXII— A M. de Sévigné.

Sur l'état de captivité des religieuses de Port-Royal, alla séparation où elles se trouvent de leurs amis.

Mai 4 667.

Pour honorer la joie de la résurrection où Notre-Seigneur entre les portes fermées, je n'ai point d'égard à la difficulté qu'il y a de vous rendre une petite visite, dans l'espérance qu'il nous donnera sa paix, en ne permettant pas qu'il arrive du trouble pour une chose aussi juste que d'imiter la bonté qu'il a eue de se communiquer à ses disciples, qui étoient si affligés de son absence. Nous ne le devons pas être de celle de nos amis, parce que nous avons plus de foi que les Apôtres n'en avoient alors. Nous savons bien que Dieu nous a séparés pour nous unir davantage les uns avec les autres, et qu'il sera

DXXXin. — A M. DE SÉVIGNÉ. 243

le lien de notre union, qui ne dépend plus d'une satisfaction sensible dans laquilit; lesprit se dissipe bien souvent; au lieu que nos visites spirituelles nous obligeut de penser à Dieu, pour trouver en celui auquel toutes choses vivent ceux que nous ne trouvons i>oint ailleurs. Unelque séparé que soit son troupeau, il en est toujours lel*asleur, et il regarde toutes ses brebis, encore ()u'elles ne se voient pas les unes les autres; et cette assurance qu'elles ont qu'il est au milieu d'elles, les empêche de craindre (|uMl leur arrive du mal. Un autre pasteur, quelqu'alleclionne (|u'il soit a ses brebis, en peut perdre quelqu'une sans s'en apercevoir; mais cela ne peut arriver au nôtre, parce «piil est présent partout et (ju'il veille toujours pour notre défense. C'est ce qui nous doit empêcher de nous mettre en peine, dans la crainte que nous aurions de nousmêmes, (jui ne sommes jamais en assurance que <|u;uid nous nous sommes tout a fait abandonnés a la garde de Dieu, et (jue nous avons remis toutes nos aventures entre ses mains. Je suis assurée, mon très-eher frère, (|ue vous le faites pour nous; et vous ne nous désirez rien tant sinon que nous perdions notre âme pour l'amour île celui dans lequel nous la |)ouvons trouver. Dans quehjue [laix extérieure (juc vous soy» z, vous devez être dans la mèuie disposition ; et c'est aussi le sujet des prières que nous oH'rons à Dieu pour vos besoins. Il connoît quels sont nos sentimens pour toutes vos bontés a notre égard; et il sait bien (jue c'est lui seul (jiie vous regardez en nos personnes; c'est pounjuoi il vous dira (luehjue jour : Ce que vuus avez fait à l'un dr ces plus jiclits.je le liens pour fuit à moi-même.

Je le supfilie tres-lnnublemeut de vous faire grand en sa présence, en étendant votre c(cur pour l'aimer toujours davantage, et de vous fane souvenir «pie je suis en lui, etc.

DXXXIII— A M. de Sévigné..

Sur l:i iiH.il "le la snnir Callierinc de Saint-P:iul Goulas, le 22 mai.

Juin 1GG7.

Vous avez su, mon Ires-cher frère, que notre bonne ancienne

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