LETTRES DE LA MÈRE AGTSÈS
contre nos obligations; mais elle a cru que l'exclusion seroit plus douce pour celle à qui on la doit faire, si c'étoit ensuite de l'avis que vous nous auriez donné de ne rien faire contre ce qui nous est prescrit; et pour adoucir encore davantage ce refus, on pourroit lui olîrir si vous l'approuvez, Monseigneur, ([ue nous pourrions lui permettre d'entrer quelquefois pour voir M'"'^ de Vertus (juand elle seroit malade, ou dans quelqu'autre rencontre extraordinaire, à l'exclusion qu'elle ne coucheroit point dans la clôture; et j'ose vous supplier trèshumblement de nous honorer d'un billet de réponse qu'on lui puisse montrer.
Notre nombre augmente tous les jours; quelque dessein que nous ayons de ne le pas multiplier, nous y sommes contraintes par l'engagement que nous avions à plusieurs personnes avant notre captivité, et outre cela il s'en présente encore d'autres que nous ne saurions i)resque refuser, si ce n'est que l'on nous fasse connoître que Dieu veut qu'il y ait quelques bornes à la charité qu'on nous dit que nous devons avoir. Je vous supplie très-humblement. Monseigneur, que nous l'apprenions par le sentiment que Dieu vous donnera sur cesujet.Nousne sommes guère portées à exciter les filles à se faire religieuses, principalement dans cette maison, qui pourra être exposée de nouveau aux mêmes périls où nous avons été, si la paix qui n'est guère affermie venoit à manquer ; et comme il n'y a point de cliangement dans l'esprit de notre prélat, nous sommes toujours dans la crainte qu'il ne nous interdise la conduite des personnes qui ont toujours soutenu la maison. C'est ce qui me fait vous supplier très-humblement , Monseigneur , de fortifier notre foiblesse en nous offrant à Dieu dans vos saints sacrifices.
Je demeure avec un profond respect, etc
DLXXVIII.— A M. de Sévigné.
Sur le flessein qu'il avait do quiUer sa demeure de Porl-Royal de Paris, et de venir à Port-Royal-des-Cliamps.
Ce 28 de mai (1G69).
J'ai bien du ressentiment de vos maux qui sont si sensibles,