‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 69 sur 205 · LETTRES DE LA MÈRK AGNÈS · texte numérisé non relu

LETTRES DE LA MÈRK AGNÈS

excessive quelle étoit capable de lui causer la mort; et c'a été en cet état qu'il nous a mérité sa grâce pour souffrir les peines et les découragemens qui nous dévoient arriver, dans lesquels il ne faut jamais croire qu'il nous ait abandonnés, puisqu'au contraire la souffrance est le caractère des vrais enfans de Dieu. Et saint Paul nous assure qu'il ne permettra pas que la tentation surpasse nos forces.

Je demanderai à Dieu pour vous , ma très-chèie sœur, cette double grâce ; Tune, qu'il vous fasse connoître s'il y a en vous quelque opposition à lui ; et l'autre, qu'il vous fortifie pour porter votre peine comme une pénitence, et encore plus comme une reconnoissance de tout ce qu'il a souffert pour notre salut.

Je suis en son amour, votre très-humble et très-obéissante servante.

DCVI.—Â Madame la duchesse de Longueville.

Sur la retraite de Mademoiselle de Vertus.

(Février 1670.)

Je supplie très-humblement, Madame, Votre Altesse sérénissime de regarder la séparation de M"e de Vertus, non comme une privation, mais comme un présent que Votre Altesse fait à Dieu, qui lui est Irès-agréable, afin que celte vue soulage la douleur que Votre Altesse ressent de n'avoir plus auprès d'elle une personne de qui elle recevoit tant de soulagement. Ce lui sera un motif particulier de confiance en la bonté (du Seigneur), de ce que vous lui avez offert la consolation que vous trouviez en elle, pour être plus en état de la recevoir immédiatement de Dieu même par l'augmentation de votre foi et de votre charité envers lui. Si je pouvois. Madame, partager avec Votre Altesse sérénissime ce qu'elle souffre en cette rencontre^ j'aurois de la joie de lui pouvoir témoigner que ce qui la touche m'est extrêmement sensible. Mais je me trouve incapable et de lui exprimer mon ressentiment, et encore plus d'y apporter aucun remède, sinon en me prosternant devant Dieu pour le supplier de guérir la plaie qu'il a faite lui-même en vous ôtant ce qu'il vous avoit donné.

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