DCIX. — A M. DE SÉVIGNÉ
demande à Dieu pour vous, avec contiaiice (ju'il vous donnera ce qu'il veut (jue vous ayez, [iuis(jue vous ne [)ouvez l'avoir que par sa grâce. Le pouvoir qu'il vous Ole de continuer vos saints exercices ne vous fera rien perdre, puistju'il sera récompensé par la soutfrance, ce qui esl le comble des bonnes actions ; et un seul regard vers Dieu, avec un mot de prière que vous lui adresserez, tiendra lieu de tout votre office, et vous associera à ce saint Lazare qui ne disoit rien et ne faisoit rien, sinon de porter Létat où Dieu l'avoit mis. C'est la disposition que je désire que Dieu vous donne, et à moi celle de vous rendre en sa présence tout ce que je vous dois.
DCIX.— A M. de Sévigné.
Au sujet (l'un sermon. — Penser ù la niorl.
Ce 21 mars 1670.
Après avoir été à la messe de Prime, Dieu m'a lait la grâce de retourner entendre le sermon, dont je suis [)arfaitement édifiée et contente. 11 a été rem|)li de tant de belles et saintes instructions qu'il me semble (jue Notre-Seigneur nous dit ces paroles de i'Lvangile : Hoc fac et vives, ic suis mortifiée de ne pouvoir rendre mes actions de grâces à M. le curé de vive voix. Je vous supplie Irès-bundjlement, mon très-cher frère, de m'acquilter de ce devoii'. et de lui deniander l.i continuation de sa charité pour nous, de laquelle nous lui sonunes trèsredevables.
Kncore (juc le mal de poitrine soit fort fâcheux et même dangereux, j'espère néanmoins (jue vous ne moiuiez point de ce genre de mort, au moins de celui que vous avez à présent. Je Nous sais toutefois très-bon gré de penser à la mort, que je \oudrois avoir toujours présente, pour dire après saint Paul : (Juolidie moriur; car c'est trop peu de ne mourir qu'une fois pour Jésus-Christ (jui est mort une infinité de fois, [)ar une vive représentation et une acceptation volontaire de la mort (|ii'd a soijtfert*; pour notre salut.