‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. Faugère (volume 2)Chapitre 74 sur 205 · I.— A M. Ârnauld d'Andilly · texte numérisé non relu

I.— A M. Ârnauld d'Andilly

Elle soliicile son indulgence enwrs une personne qui l'avail oflensé.

r.loirc à Jésus au Très-Saint-Sacrcmeni î

Oserois-je. mon Irès-clier fiôro, vous demander une prâce, j'appelle ainsi ee que j'ai à vous exposer, puiscpie vous ne me le devez pas par justice, non plus qu'à celui en faveur de qui je vous (ais celle très-humble supplication. Je me souviens que vous m'avez l'ait riionueur de m'écrire une sentence de votre main où vous m'apprenez que la charité aime tons ses enfans, soit (|u'elle les supporte dans leurs foiblesses, soit qu'elle les reprenne dans lenrs taules; qu'elle conserve la patience dans sa colère, et l'humilité dans son indiirnalion. Je sais (ju'il y a des temps ou cette disposition ne doit être que dans le cœur, et que la même cliai ité prend le visai^'c de l'aversion et de l'éloignement envers cmx (|u'elle veut rappeler par c<lle voie ; mais cette conduite lui étant étiau^'ère, elle reprend hienlôt sa douceur ordinaire pour exercer la propriélé (jni lui appartient, (jiii est (le couvrir les péchés. Voyez donc, s'il vous plaît, mon Ires-clier tiere, si le temps n'est jioint encore venu de vous souvenir de votre miséricorde après (juc vous avez été si justement inité. Dieu nous promet sou secours en temps couvenahle; nous savez mieux (jue nous si ce temps favorable est arrivé; vous en êtes le ju{^e, et je ne suis que pour approuver tout ce que vous ferez, croyant (pu- vous suivrez les mouvemens de la sagesse divine, (jui dispose toutes chosesavec force el avec suavité.

Je suis, mon très-cher frère, entièrement à vous, f. 11. ;i

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