‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 104 sur 247 · LXXIII.— A Mademoiselle · texte numérisé non relu

LXXIII.— A Mademoiselle

IViiir recevoir le Sainl-Espril, il laul Lire en un lieu où Dieu nous ail mis.

Veis la Pentecôte (20 mai 1646).

.Ma très-chère sœur. Vous n'avez pas sujet d'être en peine fie ma santé qui n'est (|ue bonne, Dieu merci. Je suis en douleur de celle de votre âme, que je crains (|ui ne soit |)as en état de recevoir le Saint-Esprit, parce qu'il faut être i»oui- cela vu un lieu où Dieu nous ait mis, et je ne pense pas qu'il ail choisi pour vous celui où vous (êtes), et c'est pour cela qu'il vous donne si souvent des mouvemens de tout (|uilter. Mais vous êtes si dure à émouvoir (jue vous en deuK.'urez toujours ou vous en êtes. Si Dieu vous fait la grâce de participer quehjue peu à l'efrusiou du Saint-Espiit que Dieu renouvelle toujours en son Eyliseen faveur des âmes (jui le désirent et ijui se préparent à le recevoir, la première chose qu'il vous commandera de faire sera de vous mettre en lieu où vous ne soyez plus sujelt»; a reU-iiidre étale coutri^ler,et même a lui faire injure, qui sont les termes dont l'Ecriture exprime les divers traitemens (jue lésâmes font au Saiut-F^sprit. Adieu, ma Irès-cbére sœur, vous me faites graiule pitié d'être en létal où vousêtes; gémissez et criez a Dieu afin qu il vous tire à lui.

Page 1