LXXV.— A Mademoiselle
Il est dangereux de n'avoir que des paroles el des pensées, et de rester indifférent.
Ce 8 août 1646.
Ma très-chère sœur, J'ai peur que Dieu ne mette au rang
des paroles inutiles dont il faudra rendre compte au jugement,
celles que vous dites si soiivent, que vous voulez tout quitter.
11 vaudroit mieux que vous n'eussiez pointcette pensée que de
l'avoir avec l'indifférence que vous l'avez, conmie s'il n'im-
portoit de la suivre ou non. Cela me fait craindre que votre
esprit ne s'y endurcisse et ne s'accoutume à penser cela comme