LXXVIII.— A Mademoiselle
La vie i^eligieuse est un sacrifice que l'on fait à Dieu. — Mort de M. Manguelein, confesseur des solitaires de Port-Royal.
Le 9 octobre 1646.
Je vous ai écrit bien amplement, il y a trois jours ; vous verrez par là que je suis encore au monde, et que je n'ai rien perdu de l'affection que j'ai pour vous; au contraire, je me sens tout à fait liée à vous, depuis que vous êtes résolue de vous sacrifier à Dieu, car il faut appeler comme cela la vie religieuse où l'on meurt tous les jours, étant mise au nombre des brebis destinées à la boucherie, mais pour être un holocauste à Dieu.
Vous avez bien raison, ma chère sœur, de nous plaindre pour la perte de M. Mangiielein '. Notre-Seigneur nous a\oit fait un grand présent de nous le donner; c'est une perte inestimable et quasi irréparable tant il se trouve peu de telles personnes. M. Singlin en est fort touché ; il se reposoit beaucoup sur
' L'abbé de Saint-Cyran.
2 Pierre Manguelein, chanoine de Beauvais, docteur de Sorbonne, se relira à Port-Royal. Peu après, en 1644, il accompagna l'évèquetle Bazas. Étant revenu après la mort de co prélat, eu 1 646. il fut chargé par M. Singlin de confesser les solitaires qui étaient à Port-Royal-des-Champs. Mais au bout de neuf mois. Dieu l'appela à lui le '24 septembre 1646.