‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 114 sur 247 · LXXXII.— A Monsieur Arnauld · texte numérisé non relu

LXXXII.— A Monsieur Arnauld

Elle le remercie d'avoir revu les Conslitutions de Port-Royal. — La sœur Marie de Sainte-Agnès de Rubenlel est rerue à la profession. — Désintéressement de la Mère Angélique.

Mon père. Je vous remercie très-humblement de la peine que vous avez prise de voir nos constitutions, et des bonnes et solides corrections que vous y avez faites. Il me semble que vous les avez trop épargnées, car hors ce qui est de M. de Saint-Cyran, rien ne m'en contente, et je m'attendois qu'on y renverseroit tout, et qu'il n'y demeureroit pierre sur pierre. Mais le mal c'est que vous n'avez point le loisir de vous y appliquer ni les uns ni les autres, tellement qu'il en faut demeurer là, au lieu que je pensois ne dresser que des mémoires sur lesquels on travailleroit.

Notre mère vous envoie une lettre de L. où vous verrez la consolation qu'il reçoit dans sa solitude; il n'y a que la P. qui empoche que sa joie ne soit parfaite. C'est une chose étrange combien les attaches font de mal. 11 croit que Dieu s'est servi de lui pour convertir P., et au contraire l'esprit malin s'est servi de P. pour attacher L. et lui faire perdre cinq ou six années à l'entretenir dans ses foiblesses et ses amusemens. J'espère que Dieu lui fera oublier peu à peu, et ce sera alors qu'il lui pourra être utile, quand elle saura qu'il ne sera plus attaché qu'à Dieu seul. Vous verrez aussi la lettre de M. Singlin qui parle de lui.

Je crois que vous savez que ma sœur Marie de Sainte-Agnès' est reçue à la profession (on a bien eu de la peine à en venir là). Je m'assure que vous lui auriez donné votre voix, car vous êtes un homme de miséricorde. Notre mère a parlé fort religieusement à monsieur son père, qui lui disoit d'ordonner ce

' De Rubeiitel. Elle est morte le 3 septembre 1677.

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