I.XXXIII. — A LA SŒIR ANGÉLiyiE DE S''-AGNÉ5. I
quil (levoit faire. Elle * a tout remis à sa volonté et à la pensée que Dieu lui donneroit, et cela sincèrement, en sorte que sans avoir égard à ses trente mille livres de rente, s'il ne veut donner qu'une pension viagère, on s'en contentera. Nous verrons ce qu'il résultera de ce procédé ; Dieu veuille que le cœur soit aussi pur que les pensées et les paroles!
Adieu, mon tiès-cher père; permettez-nous, s'il vous plaît, de saluer votre compagnon, et de me recommander à vos prières.
Ma sœur Geneviève de l'Incarnation ' est fort malade. Vous savez que ce seroit une perte notable pour la maison. Je vous supplie très-humblement de la recommander à Dieu.
Renvoyez les lettres, s'il vous plaît.
LXXXIII.— A la sœur Angélique de Sainte-Agnès de Marie de la Falaire ».
Au sujet (le l'union do l'Inslilul du Sainl-Sacremeni avec Porl-Roval*.
Fin de \ Ci il.
Ma très-chère sœur, Je vous remercie Ircs-humblement de m'avoir fait jiart de votre lettre* qui contient un abrégé de n«is devoirs au regard de notre nouvelle obligation. Je vous avoue (|ue je croyois que la nouvelle de celte grâce dût faire plus d'effets que je n'en reconnois en moi et en d'autres. Je sais bien que les mouvemens du cœur sont cachés, mais il
' La Mère Angélique.
• La sœur Genevit-ve ile rincarnaiion Pinean. Celle sœur avait fait profesâion 2i Port-Uoyal en l(J3l. Klle avait alors reiii|>lui de celleiiére.
' Cette saur fut envoyée à Tard en M)30, et revint à Port-Royal en ^eS.T. Elle est mnrte le '"> octobre IfioS. On a d'elle une Ilrinlion (la' fi» du l. lo' des il/«'Hi. dl trrchi] des vertus qu'elle a observées dans la Mère Angéli(|ue Arnauid; et une autre , trés-rourle, ayant pour sujet les senlimenls delà Mère A},'nés pour cette sœur. //<;>/.. l. III, p. 2'JO.
* Ce fut en Ifii? que le Pape accorda la permission pour la translation de rinsiitut du Sainl-.Sacrenient au monastère de Port-Hoyal. M. du Sauss.ii, (iflicial »;t i;rand-vicaire, vint dfniutr aux religieuses de Porl-Huyal l'habit du nouvel Insliltit, qui consistait en un scapulaire blanc sur lequel /'tait cuutuc une croii rouge (^e fut le ii octobre 1»)47 que se lit celle cérémonie.
» C'est une lettre de la Mère Angélique. On la trouve ci-après en entier, parri» qu'elle n'est pas iuqtrimén ilau'» le recueil de lettres.
13t} LETTRES DE LA MERE AGNES.
me semble qu'ils devroient rejaillir sur l'extérieur pour le rendre plus sérieux, plus grave, plus recueilli et plus occupé d'une faveur si particulière. J'espère que cela sera avec le temps; et que nous prendrons un air de religion que nous n'avons point, c'est-à-dire, de mortification et de retenue en nos actions qui feroit qu'on se donneroit de l'édification les unes aux autres.
J'ai une pensée que nous devons demander ces dispositions les unes pour les autres, et que, ne méritant pas de les recevoir nous-mêmes. Dieu nous les donnera peut-être en considération de la charité que nous aurons eue pour nos sœurs, et de la préférence que nous ferons d'elles, croyant qu'elles sont plus capables des dons de Dieu que nous ne sommes nousmêmes. C'est pourquoi, ma chère sœur, je n'ai garde de vous refuser ce que vous me demandez; et par imitation de votre dévotion, je vous supplie très-humblement de dire pour moi : Glo)ia iibi Domine, qtii natus es de Virgine, etc. Nous avons grand sujet de dire que Dieu a regardé le néant et la bassesse de ses servantes, tout au contraire du dessein qu'on avoit de faire un monastère d'âmes choisies; mais pourvu que nous soyons humbles nous serons assez grandes.
Lettre de la Mère Marie Angélique Arnauld à la sœur Angélique de Sainte-Agnès.
Sur la nouvelle obligation que les Religieuses de Port-Royal avaient contractée en devenant filles du Saint-Sacrement.
Fin de 1647.
Ma très-chère sœur. J'ai été bien aise que vous m'ayez dit vos sentimens sur la grâce qu'il plaît à Dieu de nous faire, laquelle vraiment, comme vous le reconnoissez, est très-grande, et à laquelle nous devons avouer que nous avons une très-grande disproportion, ce qui doit nous rendre confuses et extrêmement humiliées devant Dieu, qui depuis plusieurs années sème ses saintes vérités et multiplie ses grâces en ce monastère, sans que les fruits y paroissent encore, et je vous avoue que j'appréhende beaucoup le compte qu'il nous en demandera.
La nouvelle obligation que nous contractons en devenant