‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 118 sur 247 · LXXXVI. — \ MADAME d'aIMONT. iH · texte numérisé non relu

LXXXVI. — \ MADAME d'aIMONT. iH

aurez été aujourd'hui sans nouvelle, ce qui n'est pas correct, si ce n'est qu'il vous faille dire avec Tobie : votre pauvreté vous suffit, c'est-à-dire, \os incommodités et les fatigues de voire voyage vous valent mieux que nos lettres, car elles ue sont que des feuilles, et les autres sont des fruits.

J'écrivis hier, aussitôt que Ton m'eut dit le besoin de Simon, voire ancien cocher, à madeuioiselle de Lamoignon pour qu'elle le protégeât : on ne le trouva point à l'heure; on y a renvoyé, mais je n'ai pu savoir la réponse.

L'on nous a amené aujourd'hui la sœur converse (jue vous avez vue, non plus avec des prières jiour la recevoir, mais avec des menaces, nous représentant les jugemens de Dieu, et l'obligation de faire la charité, et (ju'à faute d'accepter celle-là, toutes les autres que l'on lait seront perdues; enfin, n'ayant pu vaincre notre dureté, ils ont protesté qu'ils la laisseroient sur le pavé, et ils avoient ipiasi la mine d'en venir à l'etTet : conclusion, nous avons envoyé (juérir Marie Dufresne, entre les malus de kuiuelle on la déposée eu altciidaiit M. Singliu. Ses conductrices étoient une religieuse de Montmartre, maintenant supérieure d'un petit établissement, et la demoiselle de mailaïuf.' de Miraïuion, hujuelle demoiselle étoil fort intéressée eu la cause, ayant failli, a ce qu'elle dit, qu'elle lui ait quitté sou lit la nuit passée, n'y en ayant point d'autre chez

L'on n'a reeu (juaprès diuer ces lettres de Maubuisson, ce (jui a fait perdre l'occasion d'envoyer par le messager les oranges et le sirop. Noire meie vuuloiteuNoyer exprès aujourd'hui, mais ayant lu la lettre tout du long, on a trouvé (jue la purgation est diUérée, et (ju'on vous doit mander des nouvelles lundi.

Notre chd'ur résonne à merveille; on y va chanter la grand'messe pour en faire l'essai avant la fêle*.

C'est toutes nos nouvelles, avec celle que je suis anciennement et nouvellement, ma très-chère so'ur, voire très-humble et lrcs-Ql)éissante servante eu Jcsiis-Christ.

Sœur Agm:s, \{. iud.

' Du Sainl-Sacremciil, le 1 1 juin

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