XCIII.— A Madame la marquise d'Aumont
Sur la tristesse. — I^es personnes du monde font ce qu'elles peuvent pour l'éviter, contrairement à la maxime divine.
Vers 1648.
Ma très-chère sœur, Il faut, s'il vous plaît, prendre une autre fois plus de liberté de nous dire quand vous avez besoin de nous. Jaurois volontiers quitté la conférence pour cela et pour suppléer à M. Singlin, qui a pris le peu de temps qu'il a eu pour se préparer à ce sermon, auquel il ne s'attendoit pas. J'espère avec vous que Notre-Seigneur vous consolera luimême à la sainte communion, ou en vous ôtant votre tristesse, ou en vous augmentant la force et lu patience pour la soutenir. C'est un des plus grands maux de l'âme que la tristesse, et c'est pour l'éviter que les personnes du monde font tout ce qu'elles peuvent, contre la maxime du Fils de Dieu qui dit que bienheureux sont ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés; au lieu (|ue ceux qui ne veulent point pleurer, seront éternellement affligés. J'ose quasi vous dire que cette tristesse est la récompense de tout ce que vous avez fait pour