‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 123 sur 247 · XCIV. — A l.\h UtUt.lElSE DE PORl-KOYAL. IM · texte numérisé non relu

XCIV. — A l.\h UtUt.lElSE DE PORl-KOYAL. IM

Dieu (k'puis deux ans, parce qu'elle vous puritie au dedans, coninie le reste vous a justifiée au d(.*liors. Je ne manqueraipas de vous recommander aux prières de la professe, afin qu'elle s'aciiuillc de ce (ju'elle vous doit comme membre de la maison, et que Dieu répande en vous comme en elle son esprit de joie et d'affection à porter sa croix. Je suis toute à vous, ma chère sœur.

XCIV.— A une religieuse de Port-Royal, à P.-R.-des-Champs. Sur les av:mlaf;ps qu'elle trouvera d'êlre î) Porl-Royal-des-Champs.

Vers 16i.S

Ma très clière sœur, il me scmbloit pendant que vous étiez ici que vous m'étiez redevable, parce qu'ayant beaucoup de charité pour vous, vous en aviez peu pour moi; mais maintenant que vctre ciiur ai dilaié et (jue vous me témoignez tant de franchise, je crains de vous en devoir de reste et de ne pas as-ez correspondre à la confiance que vous voulez avoir pour nous. Je me console néanmoins de ce que vous ny perdez rien, étant entre les mains de notre mère ' en qui vous trouverez non sculouïcnt ce (jue votre àme peut désirer pour son secours dans le renouvellenient de vie que vous voulez faire, niais aussi ce que vous pouvez souhaiter selon votre inclination, rinnneur de notre mère, libre et ouverte, étant plus Sftriable à la vôtre, <|uc mon natniel froid et i)eu agréable. J'espère néanmoins, ma chère sœur, que nous ne laisserons pas de nous bien accorder ensend)le quand il plaira à Dieu de nous réunir. Je liens à bon augure (jue vous ayez ressenti le lieu où vous êtes en ra|)prochant; c'est im certain mouvement de dévotion (|ui ne se ressent point ailleurs. Je crois (jue cela vient de la solitude, et de ce qu'en y entrant il sendjle qu'on entre dans un sépulcre, sinon (piil y a place pour plusieurs personnes, et non pour une seule. Celle nuiison si cacliéc et si enfoncée sera bien propre pour vous faire oublier tout ce (|iu s'est passé en la première, et pour vous faire croire (jue NOUS ciilre/. lie niMi\i;iii m reliultiu. raulre paroissaul

' {..< M<-| I- .\iinrlh|iii-.

un monde au regard de celle-ci. Quand vous aurez prié Dieu dans cette église sombre et solitaire, vous direz encore mieux que vous ne pouvez Texprimer ce que vous y aurez ressenti. Vous admirerez, ma chère sœur, les voies merveilleuses par lesquelles Dieu vous y a conduite, et vous inférerez de là les merveilleux effets de changement qui se doivent trouver en vous pour ne recevoir pas en vain et sans fruit une grâce si particulière. Je continuerai de faire pour vous, ma chère sœur, ce que j'ai toujours fait depuis votre maladie, qui est de vous offrir tous les jours à N.-S. Jésus-Christ en l'offrant lui-même à la sainte messe, et je désire que ce soit tous les jours avec plus de dévotion, afln d'être plus d'effet que de parole.

Page 1