‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 138 sur 247 · LKTTKES DE LA MÈRE AGNÈS · texte numérisé non relu

LKTTKES DE LA MÈRE AGNÈS

VOUS appliquez. Vous ne perdez pas votre temps dans le monde si vous contribuez à une œuvre si excellente; après quoi Dieu vous convertira entièrement vous-même pour récompense d'avoir servi votre prochain selon les occasions qu'il vous en otfre. Je vous supplie très-humblement, ma chère sœur, de demander cette grcàce à Dieu pour nous, puisqu'elle n'est accomplie qu'en la vie éternelle, où nous serons délivrés de la source du péché qui habite toujours en nous, et qui empêche par son poids que nous ne soyons parfaitement converties et adhérentes à Dieu.

CXIV.— A la sœur Anne-Marie de Sainte-Eugénie Amauld d'Andilly K

En lui envoyant une image de sainte Anne, elle l'engage à faire réflexion sur la ver lu de cette sainte.

Ce HT juillet 1650.

Ma très-chère fille, Depuis que ma sœur Anne- vous a écrit, l'on m'a donné une image de sainte Anne que j'ai été bien aise de vous envoyer, afin que vous ayez vos trois saintes, et particulièrement la principale de vos patronnes, qui est celle à qui vous avez été offerte à votre baptême pour conserver votre première grâce sous sa protection. Je vous supplie de faire une petite réflexion sur la principale vertu de cette sainte qui a été l'acceptation de l'humiliation à quoi Dieu l'a réduite pour la disposer à la plus grande de ses faveurs, après celle de la sainte Vierge. Si toutes les âmes qui sont stériles dans la vertu avoient la même humilité que cette sainte, Dieu les béniroit enfin, et leur feroit porter des fruits de la grâce; mais il faut persévérer dans la prière comme elle a fait, car les dons de Dieu sont si précieux qu'ils veulent être demandés avec grande instance. Je vous supplie, ma chère fille, de prier Dieu qu'il me fasse les mêmes grâces, dont j"ai plus de besoin que vous. Je suis entièrement à vous pour vous aimer de tout mon cœur.

' La sœur Anne-Marie de Sainte-Eugénie, cinquième fille de M. Arnauld d'Andilly, née en 1631 , fit profession en 1638. Elle est morte à Fort-Royaldes-Champs le 7 octobre 1660.

^ La sœur Anne-EuÊîénie de l'Incarnation Arnauld.

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