‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 164 sur 247 · CXXXIX.— A une Supérieure de la congrégation · texte numérisé non relu

CXXXIX.— A une Supérieure de la congrégation

Qui avait l'oril deux lettres à M. SiiiLilin. nnis que celui-ci n'avait pas reçues. — Éloges de M Singlin.

28 odcbre Jfioi.

Notre mère' a reçu celle qu'il vous a plu lui écrire ilii :>.{ (le ce mois, mais elle ne vous peut répondre, élant encore trop foihle de sa fîr.indo uialadio. Elle m'a commandé de vous dite qu'elle a communiijué votre lettre à M. Sin^din, qui lui a dit n'avoir point reçu vos lettres du 12 ni tlu 13 de ce mois. Si elles lui avoient été rendues, il auroit fait le possible pour y ré|)Oudro, quoi(|u'il ne puisse pas toujours salisCaire à tout ce (juon désire de lui, ayant des occupations continuelles, de sorte que s'il ne peut (juehpiefois vous écrire, vous l'atlrilnierez s'il vous plait a impuissance, et non au reiroidissement de sa charité, (jui ne manque jamais aux âmes que Dieu lui a données, n'en ayant jamais abandonné pas une, si elles ne l'ont quitté les premières, ce qui arrive à peu de personnes; celles qui sont si heureuses (jue de l'avoir, le conservent jtrécieusement comme un trésor tjue Dieu leur a découvert. Je ne puis, ma très-chère mère, m'emitécher de m'étendre un peu làd»'ssus, ne pouvarit parler de ce très-diyne directeur (pi'avec de ^^rands ressenti mens du bien que nous eu recevons, ne pouvant attribuer qu'a la grâce que Dieu met vu lui tout le bien (jui est en notre mon.istère. Nous vous sounnes bien oblig(x's, ma tres-clière mère, des prières (pu; vous ave/ lailes avec votre commimauté pour notre mère; nous vous supplions très-liiunblt'mcul d'en V(»uloir faire (juelques-unes pour notre élection (jui se lira l»ieiil(">l, si noire mèiw; a assez de lorce pour cela. Klle vous salue très-humblement, comme je lais, en Notrc-Sei^^neur Jésus-Christ,

• I-a mère Maiie-ADgc'liijue Arnauld, abbcsse de Poil-Uoyal.

GXL.— Ala sœur Marie-Charlotte de Ste-Glaire Arnauld d'Andilly i, qui était envoyée à Porl-Royal-des-Champs.

Il ne faut point écouter ses répugnances, lorsqu'il y a un devoir à accomplir.

Gloire à Jésus-Christ au Très-Saint-Sacrement !

Le jeudi matin, 2 novembre (1651).

La foi m'assure, ma très-chère sœur, que Dieu aura visité votre cœur en entrant au lieu oii il vous a appelée comme par une seconde vocation. C'est ainsi que toutes nos actions devroient porter l'image de la première grâce que Dieu nous a faite de nous appeler à la religion, à laquelle il fait consentir une âme, sans autre vue, sinon qu'elle est obligée de suivre la voix de celui qui l'appelle, parce qu'il est le maître de son cœur, qui en peut disposer comme il lui plaît. C'est en suite de cette plénitude de volonté que l'on ne trouve rien de difficile des choses mêmes qui sont fort répugnantes à la nature; et il n'y a que l'interruption de celte grâce victorieuse qui forme des répugnances dans la suite des temps. Que si Dieu fait naître des occasions où l'on passe par-dessus avec joie, c'est-àdire avec une pleine volonté comme vous avez fait en celle-ci, on la peut appeler un renouvellement de vocation, qui donne plus de force pour s'avancer en la vertu, qu'un grand nombre de saints exercices dans lesquels on ne s'abandonne pas entièrement à Dieu. Ce n'est pas à dire, ma chère sœur, qu'il n'arrive plus d'empêchement dans ce chemin, connue il vous en est arrivé un qui pouvoit être fort dangereux. Ces accidens spirituels s'appellent des tentations, ()ui ressemblent à une charrette de fumier qui vient au-devant de vous, c'est-à-dire l'application à des choses qui ressentent la terre et la corrup-

1 La sœur Marie-Cliarlolte de Sainte-Claire Arnauld d'Andilly. Elle fut élevée à Port-Royal depuis l'âge de neuf ans. Elle y lit profession le 28 novembre 1647, âgée de 20 ans. Peu de temps après on la mit auprès de la sœur Anne-Eugénie, sa tante, qui l'avait élevée, pour l'aider à avoir soin des enfants. Elle fut exilée en 1664 et revint à Port-Royal-des-Champs en 1665.— Elle est morte le 9 septembre 1678.

' La sœur Marie-Chai lotie de Sainie-Claire fut envoyée à Port-Royaldes-Champs eu même temps que la sœur Marie-Dorothée de rincarnation, c'est-à-dire la veille de la Toussaint \ 651 .

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