CXLIII. — A LA SiELEl MAlUE-DOROTHÉE DE L'iNCAKNATION. ÛOo
que vous n'ayez rien ù dire de nouveau de votre disposition, c'est-à-dire qu'elle persévère comme elle a été depuis votre changement. Il n'est pas le temps de parler de vous, ayant à parler des autres; la charité que vous ferez en cela couvrira vos fautes, ou plutôt elle les anéantira, puisque les plus grandes sont d'être resserré dans soi-même, et de ne vouloir pas perdre son âme po(jr la gagner.
Je vous ai toujours bien dit que si vous étiez à notre place, vous feriez ce que vous n"ap|)rouviez pas que nous fissions. Vous voyez maintenant que vos lumières étoient des ténel)res, et qu'on ne peut exhorter les autres comme il faut, sinon par la même exhortation par la(|uelle on est exhorlé, c'est-à-dire, en se soumettant soi-même pour exiger justement la soumission des autres.
Je ne puis me résoudre d'envoyer les lettres de M. A., (pii sont des originaux, sinon par un carrosse et en les mettant es mains de personnes sûres. Je les tiendrai toutes prêtes l»our cela.
Je ne me lie point à faire commencer len Saints ' à la saint André; au contraire, je me repens d'en avoir eu le dessein (pii étoil trop précipité, et je reconnois ce que dit M. Singliii, qu'il f.Mil fair(! touU'S choses dans une certaine maturité (jiii amortit l'activité de l'esprit humain, et (jui attire une hénédiclion de Dieu sur les choses dont on s'est mortifié (juehpie tenq)S. Ma sœur Angélique ' n'est pas eu état de pouvoir transcrire, ayant toujours mal aux yeux, et de présent ut) gros rhume, outie les emplois (ju'elle a. Quand Dieu voudra communiquer ce trésor, il donnera le temps et des personnes pour y travailler. Il lait hou ne vouloir rien (|ue de sa main, et dans les momeiis qu il a mis en sa piiissauce.
Nous avons chanté l'c Deum ce matin après la messe, en actions de grâces de la convalescence; de notre mère '. M. de Saint-Cyran * a mandé que toute la maison devoil une grande
* Les ConsidiTutioux de M. <lo Saiiil-Cynin, sur l<'s fêtes des saints. ' La s<iMir Anm''lii|iu' do Sainl-Jeim .\iii:iiilil d Aiulilly.
* La iiiere Angi'll(|iic Ariiauld.
* L'ahlx' de barcos, al)t)*'- de Sainl-('.yr;iii, neveu du «tiléhre Du Verpier de |lauraii!i«' ; il Mirréda à son oncle dans celle abbaye. Voy. Mniunrc tk Lancclut, lonie I , [>. 266.
reconnoissancc à Dieu de nous l'avoir conservée. Si on ne le peut chanter chez vous., au moins le faudra-t-il dire tout droit. Nous devrions n'avoir d'antre prière en la bouche, pour tant de sortes de faveurs que Dieu nous fait.
Mademoiselle Pascal supplie très-humblement qu'on prie Dieu pour sa délivrance, et la conversion de Monsieur son frère et de cette demoiselle qui l'a tant persécutée : ce sont les trois clioses qu'elle désire le plus. Je vous supplie de la recommander. El moi, ma chère sœur, que je ne vous trompe point ni personne dans l'attente qu'on a -que je m'acquitte bien des prières qu'on me demande envers Dieu ! Je le supplie que ses miséricordes vers vous soient sa louange éternellement.
Je salue très-humblement ma sœur Madeleine-de-Sainte- Agnès '.