CXLIV.— A la sœur Marie-Dorothée de rincarnation Le Conte
Elle lui témoigne la sympathie qu'elle ressent pour elle : elle lui souhaite de croîliepar les induences coniinuelles de la grâce. — M™" d'Aumonl la remercie de la neuvaine qu'elle avait faite pour elle.
19 novembre (1651).
Ma très-chère sœur. Il me semble que vous me parlez et que je vous parle, encore que nous ne nous écrivions point; le langage des cœurs s'exprime sans paroles, et bien mieux qu'avec des paroles que l'on ne peut pas totijours dire, au heu que l'union des âmes est continuelle. J'éprouve cela sensiblement à votre égard : depuis (pie votre cœur s'est entièrement ouvert pour Dieu, et qu'il a rompu les bornes qui empêchoient la liberté de son esprit en vous, il me semble que nous ne sommes plus qu'une même chose, et que la communication n'y peut rien ajouter, sinon une consolation sensible que Dieu permet bien que l'on se donne quelquefois l'une à l'autre, pourvu qu'on ne manque point pour cela à ce qui est plus nécessaire. Et c'est ce qui m'a fait vous supplier de ne me point écrire que fort rarement, sachant bien que votre temps n'est plus à vous, et qu'il ne vous en peut guère rester après les devoirs de votre obéissance.
• DeLigny.