‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 169 sur 247 · CXI.IV. — A LA S<ELR MAHIK-DOROTUKE DE l'INCARNATK». :2n · texte numérisé non relu

CXI.IV. — A LA S<ELR MAHIK-DOROTUKE DE l'INCARNATK». :2n

Je ne doute point cjue vous n'ayez une entière franchise avec M. Singlin, le voile que vous aviez sur le cœur à son égard étant levé. Tout se fait tout à la fois (juand il plaît à Dieu d'arracher la racine qui produisoit une quantité de méchants petits fruits d auiei tunie et de sou|»ç(>ns (jui étouffoient la bonne semence. Il n'y a plus maintenant qu'à augmenter et à croître de jour et de nuit, comme dit TEvan^-^ile, par les influences continuelles de la ^ràce qui s'est rendue visible et sensible en vous. C'est la meilleure manière de satisfaire à Dieu [)0ur n'avoir pas toujours voulu ce (ju'il demandoit de nous, que de le vouloir à présent avec plénitude de cœur, |)uis(pi'il donne une pleine et entière rémission, où il trouve un a:nour sans reserve.

Madame d'Aumont vous remercie de votre ncnvaine; mais elle ne demeure pas d'accord (pie vous l'ayez faite |)our une intention si particulière, en quoi vous vous êtes pu tné|»rendre, ne croyant point être dans l'étal où vous avez présupposé qu'elle fût. Pour moi, je crois ipie c'est l'elfet de votre jjiiere i|ui lui a ùté non-seulement l'amerliune, mais le souvenir même qu'elle en ait eu. Il vaut mieux à l'avenir que vous ne demandiez plus rien a Dieu pour elle (jue ce qu'elle-même demande plus instammenl; car elle sent foit bien ses besoins ayant la lumière tout entière et la bonne volonté, et une partie de la patience qu'il faut avoir pour attendre (jue Dieu nous délivre. Que si elle en avoit un peu davantage, je veux dire de patience, elle;;o.s-.s<'(/cro// son âme, selon la parole de Jésus-Christ, et ne se troubleroit jamais de rien.

Je suis bien aise que vous avez vu mon neveu'; on ap[»rend la sagesse et le recueillement dans sa conversation. Pour l'ou- Nrage, Je ne trouverois pas d'inconvénient (|ue l'on se servît du lenqis et (pt'on remit les Saints pour une autre année. Il uii; semble que vous pouiiiez faire éci ire ma sœur .Marie (labriel ' eu l'otant d'obéissance , puisqu'aussi bien doit-elle revenir; elle est fort diligente. Nous ne savons où sont les

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« 1^ stnii- Mûrie de Sainl-Gabrii'l de la Banc. Elle csl inorlc !«• i'.i février tO."jG.

lettres (le M. de La Place; je pensois les avoir à Saint-Jean, mais elles n'y sont pas; enseignez-nous, s'il vous plaît, où nous les pourrons trouver. Nous envoyons à M. de La Place la Vie de la M. Mad. Qu'on la renvoie, s'il vous plaît, quand il l'aura vue, et qu'elle ne soit pas gâtée, car elle est à madame d'Aumont.

Je vous supplie Irès-humblement de me continuer votre souvenir devant Dieu. La charité véritable n'est point aveugle, mais lumineuse; c'est pounjuoi, comme vous l'avez grande pour moi, elle ne \ous permet pas d"ignorer mes misères pour les exposer à Dieu. Je vous donne à lui comme vous m'y donnez, et le supplie de faire de vous et de moi tout ce qu'il lui plaira.

Ma sœur Marie-Augusline est fort malade d'une pleurésie et fièvre continue depuis jeudi. M. Picnaudot la trouve en péril. Elle seroil bien aise de mourir, et il se trouve qu'elle a offert sa vie à Dieu pour la conservation de celle de notre mère. Recommandez-la au dedans et au dehors, s'il vous plaît.

Ma sœur Marie-Théodore est bien sage, elle ne cause avec personne et fait bien son devoir. Elle m'a dit, comme un effet de votre absence qui lui a obtenu la grâce de vaincre sa peur, qu'elle n'en a plus maintenant en passant i)ar Sainte-Thérèse. Je lui ai dit de ne plus compter les jours depuis que vous êtes partie, et qu'il faut donner ce qu'on aime à Dieu sans marchander avec lui.

Je salue très-humblement MM. de La Place et de Sacy, ma sœur Madeleine, ma sœur Marie-Charlotte, à qui j'écrirai avant sa profession, s'il plaît à Dieu.

CXLV.— A la sœur Marie-Charlotte de Ste-Claire Arnauld d'Andilly.

Sur robligalion d'acquôiir la dévotion.

Ce 24 novembre 1 63 1 .

Ma très-chère sœur. Je commencerai celle-ci par un mot de votre lettre où vous me dites que vous avez un extrême désir de vivre en vraie religieuse. Vous devez souvent offrir cette pensée et ce sentiment à Dieu, afin qu'il vous l'imprime dans le cœur autant (jue vous en avez la lumière dans l'esprit; car on n'a pas toujours ces deux choses en pareil degré, parce

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