‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 172 sur 247 · CXLVII. — A LA SdlR MARIE-DOROTIIKE DE L'iNf.ARNATION · texte numérisé non relu

CXLVII. — A LA SdlR MARIE-DOROTIIKE DE L'iNf.ARNATION

maintenant parfiit, imisinfil ne tenoil qu'à ma santé qui est maintenant presiiue toute retal)lie, n'y ayant rien à désirer cjue de la force au degré précédent. Vous ne sauriez trop vous assurer que je vous oublie moins dans l'absence qiie dans la présence, puisque ce n'a été que parce (jue j'aime votre âme que j'ai désiré votre éloigneinent, étant bien assurée que votre conscience seroit plus en repos, et que vous trouveriez la liberté de votre esprit quand vous auriez rompu lescbaînes (|ui vous tenoient attachée à votre cellule, et aux petites satisfactions que que vous aviez ici, que Dieu vous rendra au centuple. r*oinvous, ma Irès-cliére, je suis si assurée de votre charité pour moi, que je m'en glorifie (|nelqiit'fois, et d'autres fois je m'en humilie, parce que je ne la mérite pas, étant trop sèche, trop dure et trop critique pour mes amies, à qui je fais pire qu'aux autres.

Je fus bien fâchée de n'avoir p(tint dit adieu à ma sœur Anne de sainte Madeleine, avant (|u'elle allât au\ Carmélites, car je je me doutois bien qu'elle ne rentrcroit pas. Je vous supplie de l'assurer (jue je suis toute a elle, et (jue je désire beaucoup ses prières. Je voudrois bien savoir comme s'est passé rentretien des Carmélites; ce sera à votre loisir (|ue vous m'en instruirez, s'il vous plait, si ce n'est point une ciniosité; mais je cri>is que non, car je [lèche plus du côté de ne rien savoir : il est bon de ne pas ignorer de certaines choses; il y en a assez d'autres au.\(Hielles on se peut mortitier qui sont absolument inutiles.

Je m'attendois bien que .M. Singlin vous |)aileroit sur votre leltri,' tôt ou tard. Ce (ju'il vous a dit vous doit suffire puisque voiisaviez desscinde vous faire connoître. et (jiie vous y avez si bien réussi (ju'il s'en souviendra toujours. Il faut avoir dévotion aux paroles abrégées de .M. Siuglin, car je crois que nous n'en aurons jdus guère d'autres, étant conlisqiiées à toute la terre. C'est de (|uoi nous noi^ devons réjouir, selon la lettre de M. Siuglin quuvous avez vue, et qui est la plus belle dévotion (pi'ori puisse avoir. Si vous y entiez, ma chère sœur, elle vous tiendra lieu de cette grâce extraordinaire que TOUS attendez ; et «juand même vous n'y seriez que dans un moindie degré, vous ne laiss<'re/ pas de guérir de vos prlits

maux ; car la charité, qui couvre la multitude des péchés, vous délivrera de ceux qui sont en moindre nombre. Je suis toute à vous, ma très-chère sœur.

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