‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 183 sur 247 · CLV.— A la sœur Marie-Dorothée de l'Incarnation le Conte · texte numérisé non relu

CLV.— A la sœur Marie-Dorothée de l'Incarnation le Conte

Elle :i reçu les uiaïques de son souvenir, et remercie Dieu avec elle des grâces qu'il lui a faites.

Samedi mutin 20 janvier (1 ()52 .

Ma ti'ès-chèi'e sœur, Je ne sais qui a pu dife à notre mère* (|iie je me plaignois de vous que vous ne m'écriviez plusdeptiis qu'elle étoit retournée, car je n'en ai pas seulement eu la pensée; et, ç'auroit été bien injustement, puisque voici la troisième fois que jai de vos nouvelles depuis ce temps-là. J'ai reçu tout ce qtie vous nous avez envoyé, qui m'est une preuve que vous vous souvenez toujours de nous consoler par ces papiers qui sont admirables. Je vous renvoie le plus petit, les autres n'étant pas copiés; nous n'avons su trouver sa liaison, il est néanmoins avec le i^este. Pour ce qui est de vos nouvelles particulières, maintenant c|u'elles sont bonnes, je ne désire pas d'en savoir le détail, cela se fera mieux de vive voix que par écrit, afin de remercier Dieu ensemble de ce qu'il a rompu vos chaînes et vous a fait éprouver la douceur de son joug. Vous avez bien fait d'eu entretenir madame d'Aumont, cela lui est utile, car elle vous croyoit inconvertible aussi bien qu'elle sur cette aversion de Port-Royal (des Champs). Je crois que vous l'aurez trouvée changée, son esprit est fort adouci ; mais le naturel demetiie, qui est bien su[)portable quand il n'y a plus d'arrêt d'esprit : le mien est le pire de tous, mais on est accoutumé de longue main à me soutfrir. Tout ce que vous prenez la peine de me dire de votre état me console fort ; je prie Dieu qu'il vous continue sesmiséricordes. Madame d'Aumont m'en a parlé avec sentiment.

Elle ma dit que vous me recommatuliez les deux sœurs : je vous en sais bon gré, puisque c'est une marque de TafTection que vous avez pour elles, et une précaution pour moi qui suis capable de les faire soutfrir. Pour ce qui est de ma sœur Angélique, elle est si sage et si soumise que je n'ai rien à supporter

1 La mère Aiigéli(iue, ([ui était \euue à Port Uoyal-des-Cliauipb le 12 jauvitr 10o2.

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