‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 195 sur 247 · LETTRES UE LA MERE AGNES · texte numérisé non relu

LETTRES UE LA MERE AGNES

Pour ce qui est de monsieur votre frère, il vous donne sujet de faire à son égard ce que dit le Fils de Dieu, de laisser les morts ensevelir les mûris. Il n'y a point de créature qui soit capable par elle-même de donner à une autre là moindre pensée de son salut; il faut que ce soit Dieu qui dissipe ses ténèbres par un rayon de sa lumière, et qui remue leur cœur pour les empêcher de courir à leur ruine. Et cependant il faut faire soi-même ce que dit Jésus-Christ au même lieu : Vous qui avez trouvé la vie, allez et annoncez le royaume de Dieu. C'est annoncer le royaume de Dieu, que de quitter toutes choses pour le chercher; et lors on se rend plus capable de demander à Dieu et d'obtenir de sa miséricorde le salut de ceux qu'on aime, que si l'on s'employoit à les exhorter quand Dieu n'y oblige pas.

Je ne vous plains guère de toutes les épreuves qu'on vous a faites. C'est la punition de ne vous être pas résolue de demeurer à votre voyage de Paris. Quand Dieu nous offre la grâce et qu'on ne l'accepte pas dans le moment, il coûte après beaucoup pour la recouvrer. Je sais bien que vous aviez des raisons qui paraissoient raisonnables , et que vous n'auriez pas voulu manquer à Dieu volontairement; c'est pourquoi aussi il ne vous prive pas de votre désir, mais il vous le fait acheter bien cher.

Notre mère vous assure de sa charité Madame d'Aumonf vous salue. Et moi, ma chère sœur, je suis toute à vous en Jésus-Christ, Notre-Seigneur.

CLXVII. — A la sœur Marie-Angélique de Sainte-Thérèse Arnauld d'Andilly.

Au sujet d'une neuvaine qu'elle lui avait deiDandée; elle l'engage de la faire à Jésus-Christ dans l'Incarnation, à la sainte Vierge et à saint Gabriel.

Vers décembre 4^52.

Ma chère sœur. Je vous supplie de croire que je m'estimerois heureuse de vous pouvoir servir en la manière que vous le désirez.

Pour ce (jui esl de faire une neuvaine pour vous au Saint-

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