‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 196 sur 247 · CLXVII. — A LA SCElRMARIE-AXiÉLlylE DE SAINTE-THÉRÈSE. ^4i · texte numérisé non relu

CLXVII. — A LA SCElRMARIE-AXiÉLlylE DE SAINTE-THÉRÈSE. ^4i

Sacrement, il me semble que ce mystère regarde plus lésâmes ferventes et avancées dans la perfection, que non pas les imparfaits qui ne méritent d'y participer que rarement et par indulgence; c'est pourquoi j'ai pensé de la faire à Notre-Seigneur Jésus-Christ dans rincarnalion, à la sainte Vierge et à saint Gabriel, Tun de vos patrons. Vous regarderez le Fils de Dieu incarné comme le ré|)arateur de nos misères, qui vient pour nous délivrer du joug de noire captivité, c'est-à-dire de nos péchés, et qui veut pour cela (jue nous ayons recours à lui et que nous le regardions connue l'Agneau de Dieu qui est tout plein de douceur et de bonté pour tous ceux qui vont à lui (juoi(|ue chargés de défauts; car il est venu |)our ùter les péchés du monde, pourvu ()ue l'on ne soit pas attaché à ses fautes, étant dit qu'il ôte les péchés, et non pas qu'il les arrache, n'agissant point envers les àrnes (pii lui résistent. Vous regardiez la sainte Vierge comme celle qui a reçu la i)lénitude de la grâce de ce mystère, et qui l'a reçue ensuite de son humilité, comme elle le dit elle-même dans son cantique ; ce qui nous oblige d'être dans la même disposition, non-seulement pour le néant de la nature qui eloit le motif de son abaissement, mais encore pour celui du péché commun à tous les liMiiimes, et de plus [)Our tant de |)echés [)articuliers qui nous doivent tenir dans la confusion (jue dit saint Benoit, de n'oser seulrment lever les yeux au ciel, appréhendant à toute heure d'être présenté au jiigement epoiivaulable de Dieu. Vous regarderez saint Gabriel connue choisi de Dieu pour annoncer ce mystère, et pour cela appelé force de Dieu, parce que c'est dans i'Incarnalion (pioul été êlahlies ces violences qu'il se faut laiic pour se sauver, et (jui ont cctmmencé dans le Fils de Dieu, (jui a été voyageur et comprehenseur tout ensemble, pour nous apprendre à avoir le ca-ur au ciel en vivant sur la terre, et pour cela de nous ((pposer conliiiuelleuieul aux relàthemeni; de la nature. Nous dirons llnuine CiHidilur ahne siderum, en l'honneur de l'Incarnation, alin (jue le Fils de Dieu ail pilié de votre âme en p.uliculiei' connue il a eu de lou> les hommes en gênerai; et lanlienne Aima, etc.

242 LEIIKES UE LA MÈIlli AG>ÈS.

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