‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 231 sur 247 · CCVI. — A LA SCFA R MARIE-DOROTHÉE DE l/lNCARNATION · texte numérisé non relu

CCVI. — A LA SCFA R MARIE-DOROTHÉE DE l/lNCARNATION

iniiler son dépit. On <e trouve toujours hicn de ne se point écliiiicir avec ces |»ersonnes (jui sont soupçonneuses; il les faut relancer jusqu'à ce qu elles parlent ouvertement, et lors on sait bien leur dire ce qu'il leur faut, et les rendre confuses de leurs finesses. Je jiense «ju'ii n'y auroil point de danger que vous lui disiez, quand elle vous parle avec interdiction , que vous la trouvez fort fermée, et que tant qu'elle sera de la sorte, vous n'aurez rien à lui dire, et quil vaut mieux qu'elle ne parle point jusqu'à ce (juelle ait le cœur ouvert. On peut les pousser à bout en cette manière, sans toutefois leur dire tout ce (ju'on pense d'elles.

Je peusois que vous nr'auriez trouvée à votre égard dans une grande sécheresse, et je croyois que notre voyage vous eût été inutile, dont j'étois bien humiliée. S'il a été autrement, je n'ai garde de m'en rien attribuer, car je n'ai point senli (|u"il soit sorti aucune vertu de moi. Mon rhiune m'a donné loisir de penser à bien des choses à mon i'gard ijuc je n'approlondissois point auparavant. Ce sont les retraites des personnes comme nous, (jui sommes toujoius dans le tracas, (jue les maladies. J'ai été dans une grande solitude, car notre mère m'avoit défendu de dire un seul mot. Madame d'Aumonl étant mala<le de son côté, elle vint hier et dimanche dîner à notre chambre, et y demeura jusqu'à (ju.itre heuies ; elle est pres- (|ue hors de son rhume.

J'envoie le livre de ma sœur l'nelrède et son bré\iaire. Je la supplie tres-humblenieiil de prier Dieu pour uun. Je salue tres-humbltiiienl toutes nos chères sœurs, parhculièremenl mes .<(L'urs Anne de Saint-Augustin' et Marie de Saint-Kranyois*. Voici les lunettes de ma su-ur Lueirede.

Je suis toute a vous, ma Irès-chère sœur, avec mille remerciemens de ce (|ue vous motlrez notre mère, (lue je ne vous ollie pas seulement, mais je nous la donne'.

• Su'ur Anne-Gerlruile de Saml-Aiimislin (janiier. « So'ur M:iiii- «le Sjiiil-Fr:iin,iii>, (iniiiMiill.

' La inèrt' Aiigt-lique. VÀW |tarlil <li' i'.iris le i4 noveiiibrL', alla coucIrt à Gif, el arriva à l*orl-Ko)aI-dt;s-Cliaiii|)s le iS.

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