‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 235 sur 247 · l. — A I.V XtlK ANl.KLiyi.E DE SAl.NTE-A(.NHS, .JO · texte numérisé non relu

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meut lui sert couiuie elle s'y attend, ce sera un sujet de joie pour NOUS et pour nous. Elle se promet d'èlre bien solitaire, c'est ce qui sera le plus favorable afin de n'être pas tant sur ses t^ardes (juil faudroit être. Si vous aviez encore des Considéralions nouvelles à nous envoyer, elle ccriroit bien les nôtres sur les copies (jue vous en failes ; ou elle pourroit transcrire les ConslUulions; on n'a pas trop de deux copies, et il y a des renvois, ce qui les rend moins commodes que si elles étoietit de suite.

iM. Sin^iiu ne vous i)ai()îlra ce voyage que connue un éclair. Je suis bien aise quand il demeure plusieurs jours, atin (jue plus de personnes y aient part. Je crois que vous êtes toujours préléiée, ou bien il ne tient tju'à vous, car il a grande disposition a vous faire du bien, mais il se faut un peu pousser, et n(.' vous pas iniaj^iner (pie vous êtes une personne incomprëlifu>ible ou ine\i)rimable, car on vous entend fort bien ({u.iud vous voulez tout dire. Engagez-vous donc a cela, ma cliére mère, et croyez (jue Dieu vous aidera, et (|ue votre force est dans le sib-nce au regard de vous-nièuic, el dans la |)arole au regard de ceux qui vous doivent counoître. Je crois (|ue c'est ce (|ui vous aidera davantage à vous débarrasser, et à servir l>ieu dans la paiv. Je supplie Notre-Seigneur (piil vous en fasse la glace.

Je suis toute a vous, ma très-cbère mère. Je salue ma sœur Angélique' de tout mon cœur.

C CXII.— A la sœur Angélique de Sainte-Agnès de Marie de la Falaire. à Port-Royal-des-Cbamps.

.Sur les a\aiilayes (|ii clli" UoijMr;i j l'<iil-Ui»valdc»-CliJiuns.

(/mm ./-■ \o(V.\.)

.Ma très-chère S(eui\. J ai lu nwc une graiulc sali>laction Celle (|U(; vous avez pris la piMUi- At; nous ecriie, où j'ai vu vos combats et les vicloues i|ue la giâce vous a fait remporter sur vous-même; et peut-être (|ue votre sortie de celte maison

* So-ur Aiigi-lii|iic di- Saiiil-Jcjn.

VOUS aura autant valu devant Dieu que de quitter le monde à ceux qui ne sont point encore entrés dans une religion ; car le monde se trouve partout où nos inclinations sont satisfaites, et c'est une religion pour nous qu'un lieu où nous ne cherchons rien que de mourir à nous-mêmes. Je sais, ma chère sœur, que c'a été votre seule intention en désirant d'aller au lieu où vous êtes, c'est pourquoi je ne doute point que vous n'y trouviez le renouvellement de vie que vous vous êtes proposé, et de plus que vous ne ressentiez aussi une douceur intérieure, à quoi vous ne vous êies pas attendue. J'ai été toute émue en lisant la pitoyable histoire de votre voyage ; je ne sais comme vous pûtes résistera la foiblesse jointe au mal de cœur, sans ce qui étoit caché au dedans. Ce sont des circonstances qui sont enfermées dans la ()rovidence de Dieu et dans le dessein qu'il a d'exercer les âmes. Je ne sais quel récit je vous dois faire des sentimens de ma sœur N...; tout ce (juelle m'a dit sur voire lettre a élé que cela étoit bien étrange que vous n'eussiez point dit adieu, sans prendre garde aux raisons que vous lui disiez, pourquoi vous ne l'aviez pas fait. Il faut, ma chère sœur, attendre de Dieu quelque moyen de la servir qui lui soit utile; c'est lui seul qui ouvre, et personne ne ferme, et quand // ferme personne ne peut ouvrir. J'espère que vos prières lui serviront plus que mes applications.

Enfin, ma chère sœur, vous êtes conteute de toutes choses; je m'y attendois bien, étant véritable qu'il y a grande bénédiction de Dieu sur le lieu où vous êtes, et qu'on y respire un air de simplicité et de paix quon ne sent pas ici de la même sorte.

Je suis entièrement à vous, ma très-chère sœur.

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