‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 238 sur 247 · CCXXIV.— A r.A MÈRE MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION · texte numérisé non relu

CCXXIV.— A r.A MÈRE MARIE-DOROTHÉE DE L'INCARNATION

la sorte, car elle n'a ^iière moin? a faire ((iiand j'y suis. Kl je crois aussi (juc c'est |»aice {lucUe s'aime moins ici qu'a Port- Royal, qui est cause qu'elle y est plus surchargée. Tant y a, ma chère mère, qu'hors le soulagement de noire mère, si elle l'exige de moi, je serai toujours prèle à vous témoigner que vous êtes la seconde |)ersonne que je désire de satisfaire.

Je suis fort en peine du mal de ma sanu- Angéli(|ue : il est ^enu à contre-temps, parce qu'il faudroit qu'il fût passé à présent. Je ne jtense pas que madame de Chazé' vous fasse de la peine; elle a du respect et de l'allection pour les personnes, et son nouvel habit la tiendra au moins quelque temps dans la paix et la joie. Il est certain que vous n'avez pas ce qu'il faut, non plus que moi, pour soutenir une si grande charge; mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. El quand vous n'auriez (ju'une seule àme à gouverner, vous n'en auriez pas non plus la capacité, car c'est l'art des arts, et il en faut autant pour une que pour pliisieurs, quoiqu'on ne se jniisse imaginer cela; et c'est ce (|iii fait (pi'on s't'pouvanle de la nuillitude, cl (ju'on a moins de foi (jue Jonalhas, (jui s'en alla seul avec son écuyer alta(juer toute une armée, parce qu'il tlisoit (|u'<7 ('(oit facile à Dieu de donner la viclolrc aussi liii'H avec un petit nombre qu'avec un (jrand. Ou bien s'il ne la veut pas donner, il faut être aussi content de réussir mal (|ue bien; ce (jue je n'enteiuls pas ix votre sens, (|ui vous fait es|)érer qu'on vous déchargera, car ce n'est jtas là nn(i espérance, mais une |»usillanimilé (juil faut rejeter bien loiii de vous, de peur de vous op[)oser au dessein dt,' Dieu, qui suscitât a terra inopem, etc. Je vous parle bien imililemenl sur ce sujet, puiscjue vous ne man(iuez |»as de bons prédicateurs (|ui >ous encouragent. II faut (|ue j'aille au reste de la grand'mi'sse, car il est trop grande fête pour la perdre.

Adieu, ma très-chère mère.

' M;itlaiiic (le Cli.'i/.L', sn-iir Lii'c .MaiirlLiiir «le S;iiiilc-l',li.-:tli(lli. Vciixc en HiiH, flic rnlra à l'mi-Hi.y.'il en Hil'l, <l lui cnM.yt'r ;i l'on IJoyal-dcsdiain|is. v^TS jiiill<>t lii'li, puiir y incinlre l'Iiattil de iKisUilaiiU* cl y (Hrc éprouvée avant «léln- rci-iu" au ixivirial. Kll»- ri'«;iil l'habit de novito !»• 2.'i mars Hi.'iX, et lit pnifi-ssioii le 1"^ mai \{jo'J; rilc i-.^l iiioric le Gdnciii- Itrc 1 6ti9, âjçéc de 7'< aii^.

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