M) LETTRES DE LA MERE AGNES
voire élection. Nous chanterons un Vent Creator pour vous, et vous nous rendrez la pareille quand ce sera à notre tour.
Je suis tout à fait mal contente du mauvais usage que nos sœurs ont fait de ma confiance * ; je n'ai pas encore appris les particularités de ma sœur Augustine, que nous envoyâmes coucher sans lui parler tant elle étoit mal.
Je vous mandai hier que vous étiez seize vocales, et il n'y en a que quatorze.
Si vous ne dilatez votre cœur-, ma chère mère. Dieu ne vous donnera guère ; il resserra sa main qui est ouverte pour vous remplir de bénédictions, et il faut dire dans un esprit d'amour : Vohmtarie sacrificabo tibi. Je crois que l'exhortation de M. de la Place ^ vous aura élevée au-dessus de vos sens, qui sont infatués de longue main. Je dirai pour vous : Illustra faciem tuam super ancillam (uam.
Je crois qu'il faudra que vous chantiez Te Deum quand vous saurez l'élection, et que vous baisiez la main de la mère abbesse par une lettre que vous composerez, signée de toutes les sœurs élisantes. Vous la pouvez tenir toute prête, car maudit est celui qui fait l'œuvre de Dieu avec tardiveté et négligence.
Je suis toute à vous de tout mon cœur \