‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 36 sur 247 · XXI. -A Monsieur l'abbé de Saint-Cyran · texte numérisé non relu

XXI. -A Monsieur l'abbé de Saint-Cyran

l'our U' remercier ilii stniinl n lilcin'il u\:iii f.m iiii|iiimir pour la défeuse

(lu ('li;i|ielel secret du Sainl Satremenl.

De Noire -Dame de Titrd, 1 mai 1631.

Monsieur, — J»; m- me (lonuerois|)as l'honneur de vous écrire

' Jean du Vcrj;ier de iiauraniif, atjljé de Sainl-(ijran. Il lil connai:i- T. I. 3

3i LETTRES DE LA MÈRE AGNÈS

sitôt après ma dernière^, craignant de vous être inii>oi-tnne, si je n'en étois pressée par le ressentiment extrême des etTets de votre charité, qui sont revenus jusqu'à nous ces jours passés, pour nous mettre dans l'étonnement et l'admiration de voir une persévérance si courageuse à protéger les innocents, et des marques si évidentes que le Fils de Dieu agrée cette œuvre de miséricorde par la bénédiction que Dieu donne à un ouvrage, où je croi:' que tout le monde confessera qu'il ne manque rien f)Our sa perfection, et qu'il n'y a qu'a désirer pour le rendre infiniment utile, que l'adoucissement des esprits, afin (ju'ils soient capables d'ouvrir les yeux à des lumières si solides et si saintes. La meilleure raison qu'allèguent les adversaires est celle-ci, que le petit écrit (du chapelet) ne porte pas un sens si avantageux que celui que son défenseur lui donne : ce qui les devroit néanmoins apaiser et les faire entrer dans des senlimens de bonté pareils à ceux qu'il fait paraître en sa défense.

J'ai reçu un accroissement de foi par le moyen de cette seconde pièce qui m'a extrêmement réjouie; ou pour mieux dire, ma foi n'est point augmentée, mais il est permis maintenant d'en faire profession et de ne plus méconnoître celui qui est au milieu de nous, et qui a voulu demeurer caché jusqu'à celte heure. Mais pourquoi, mon Père, nous avoir refusé cette consolation de vous pouvoir rendre nos très-humbles actions de grâces, puisqu'elles sont si peu de chose qu'elles ne peuvent en façon du monde diminuer la louange que vous attendez de Dieu, d'avoir travaillé dans un parfait désintéressement? Je m'en prends à l'Évangile qui commande que la main gauche ne sache point le bien que faitladroite; et je crois que celle-là n'en auroit jamais rien su, si la droite même ne se fût découverte en un certain endroit, où l'on parle d'une lettre dont on se souvient bien ici. Mais que me sert cette connoissance, puisqu'elle me laisse dans le même silence où je deineurois aupa-

sance avec A. d'Andilly en 1620, elpeu de temps après avec la niète Angélique. Il alla àPorl-Roval pour la première fois en 1623.11 devint directeur des religieuses de Fort-lioyal en l63o. Le 14 mai 1638, il fut arrêté et enfermé au donjon de Vincennes II en sortit le 6 février 1043. 11 est mort le 1 1 octobre 1 643, dans la G2«: aimée de son âge. *

XXIl. — A MO.NSIEIK AH>AILI) I) A.NUILLY. Xi

ravaiit; ne trouvant rien à dire, sinon que la charité divine doit être la reconi[)ense de celle-là cjui n'a point de pro|)ortion avec la créature? Et comme en recevant de Dieu, on ne tait point difDculté de lui demander de nouvelles grâces, et (jue la réception de celles qu'il a déjà données est une disposition et un mérite pour en attirer d'autres, j'attends de nouveaux elfets de votre bonté devant Dieu, pour me rendre toute autre que je ne suis, ne trouvant rit-n en moi de quoi je ne sois obligée de demander l'anéanlissemenl, hormis de la (jualité que j'ose prendre, mon Père, de

Votre très-humble et très-obéissante fille et servante en Jésus-Christ,

Sœur Agnès de Saint-Pail. 1. H. B.

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