XXVII.— A Monsieur Amauld d'Andilly
Elle lui donne plusieurs avis spirituels, et l'exhorte à lire le Nouveau- Testament.
Ce 12 oomH 634.
Mon très-cher frère. Je ne puis attribuer qu'à votre bonne disposition le fruit que vous avez tiré de notre lettre, où un esprit moins charitable que le vôtre auroit trouvé beaucoup de défauts. S'ilm'étoit permis d'avoir des désirs, ce seroit de pouvoir correspondre à votre confiance, et donner à une âme particulière comme la vôtre des choses meilleures et plus saintes; mais il faut que je souffre ma pauvreté non-seulement pour moi, mais encore pour les personnes que je voudrois être remplies de richesses, ne leur pouvant donner société qu'à ce que je suis, qui n'est pas pourtant ce que je devrois être. C'est pourquoi, après avoir accepté ma misère j)0ur moi et pour autrui, je me veux séparer de la cause qui oblige Dieu de me retirer ses dons : vous me serez un motif puissant pour cela, mon très-cher frère, désirant plus la grâce pour vous que pour moi, parce que je crois que vous en ferez un meilleur usage.
Je ne vois rien qui nous mène plus droitement à Dieu que de recevoir de sa main toutes choses et nous en servir également, ne regardant point ce qu'elles sont en elles-mêiues, mais ce que nous devons être en elles, rendant une perpétuelle fidélité à Dieu dans l'acceptation ou la privation des choses, toujours anéantissant nos volontés, nos désirs et nos inclina-