XXXI. A Monsieur Arnauld d'Andilly
Kll«» fait (|ucli|uis ii'll(;xioiis sur la morl siibiio de lu sœur Is.'ihcll<* <le la Irihii»'. — Il tie TmiI |);is nous lasser (le noscliulos; couiinoiil elK's nnus sont utiles. — Lllf l'cxltorle à lire les psaumes. — Mlle lui piirle «le sa famille; et ensuite «les incomni(nliti's de son monastère.
Ih- .Vo.'iv- />(/»•/• de Tard, ce \ H octobre Ki.Jl. Mnii Ircs-clici- Irèrr, La r/'Soluliou qur j'ai prise de mk;
• i'nilc.ndii.- Ms. I' -it.. l).
donner la consolation de vous écrire tous les mois, m'obligeoit de le faire la semaine passée, et j'en a\oisavec cela un sujet particulier qui étoit la mort de ma |tauvre sœur Isabelle de la Trinité; mais ce fut cet accident même qui m'ôta le loisir de le faire. Vous aurez su maintenant cette mort si soudaine, qui n'importe pas tant à la défunte comme à nous. C'est assez pour elle qu'elle ait eu un bon moment, comme elle en a donné toutes les preuves qu'on pouvoit désirer. Il nous reste la crainte d'être surprises comme elle l'a été, et peut-être en une moins bonne beure, ce qui nous les doit rendre toutes précieuses pour nous y mettre en la disposition où nous voudrions bien que Dieu nous prît. Ce n'est pas là néanmoins le motif que la grâce propose aux âmes un peu avancées ; elle les fait agir pour elles-mêmes et donner tous les momens à Dieu, parce que nous n'en avons encore que trop peu pour lui en refuser quelques-uns. Notre éternité est en sa main, de laquelle il disposera selon son bon plaisir. Il n'y a que ce peu de jours que nous avons à vivre sur la terre que nous lui puissions offrir, et c'est le domaine de notre amour vers lui, en quoi nous témoignons que c'est librement et volontairement que nous le mettons en possession de ce qu'il nous a donné. Que s'il se peut y avoir quelque raison de préférer la vie à la mort, ce doit être cellelà qu'en cessant de vivre nous cesserons d'avoir des sacrifices à faire à Dieu des lieuresdont il nous permet de disposer.
Je viens à votre lettre, mon très-cher frère, où vous me dites une chose qui me plaît infiniment, qui est quedausles bonnes volontés qui vous possèdent, vous ne laissez pas de craindre de tomber souvent; et quand ce seroit cent fois le jour vous serez toujours dans le désir de vous relever, cela ne s'appellera l)as des chutes, mais des profits, puisque la volonté qui a le courage de se renoncer elle-même quand elle s'est engagfJe à l'imperfection, est plus fidèle que celle qui n'a point pris de part à l'infidélité. Et c'est peut-être pour cela qu'un grand saint disoit qu'il n'y avoit point de plus grande tentation que de n'être point tenté, parce que n'étant point attaqué, on s'entretient dans un repos humain dans lequel les âmes ne s'élèvent point aux senti mens de la grâce, qui ne veut pas seulement la cessation mais la destruction de tout ce qui s'oppose au règne