XXXI. — A MONSIEm ARNAULD d'anDILLY. HH
souverain de Dieu en nous. Continuez donc, je vous supplie, mon très-cher frère, de ne vous point lasser de vos chutes, qui vous relèveront, si vous voulez, pkitùt que de vous abaisser; et ne vous mettez point en si grande défense contre elles, puisqu'une seule conversion de votre esprit suffit. Et pour parler encore plus simplement, il n'y a qu'à recevoir la lumière qui vous est donnée pour lesconnoître (car vous ne les verriez jamais sans cela), et consentir qu'elle fasse son effet en vous. La parole intérieure de Dieu (lui est son insjiiration n'est i>as comme celle des hommes ([ui ne fait qu'enseigner et ne donne pas ce qu'elle montre. L'esprit de Dieu parle par onction, versant dans lame (jui l'écoute la grâce d'accomplir ce qu'il demande d'elle, selon (ju'il dit lui-même, que sa parole ne retournera point à vide, mais qu'elle prospérera en toutes les choses pour lesquelles il l'a envoyée. Il n'y a donc qu'à dire avec un pro()hèle : Parlez, Seigneur, car votre serviteur èanite. Dieu parle aux âmes en leur donnant sa lumière pour voir leui*s infidélités; et c'est écouter (|ue d'ouvrir les yeux à ce rayon divin (jui anéantit leurs ténèbres. Nos man(|uemens naisï^ent de ce (jue nous oublions Dieu pour nous regarder nous-mêmes et vivre à nos volontés proi)res, La cessation de ce regard etde cet être en est la ruine, et nous rend à Dieu auipiel nous nous étions soustraits; tellement qu'aussitôt que Dieu iKuoît, nous disparoissons nous-mêmes et nos imperfections, selon ce qui est dit : Que Dieu se lève, et ses ennemis seront dissipés. Que si Nolrc-Seigueur appelle le péché la puissance des lé)ièbres, nous pouvons appeler la grâce la puissance de la lumière. (|ui repare en nous éclairant ce que le péché a détruit en nous obscurcissant ; et c'est à cette puissante Inmièrt.' (|ue nous devons nous livrera toute heure pour |K)iter l'elVacement des tenèbiis (|ui MOUS enveloppent inct'ssamment.
J'ai à vous siqipljcr, mou cher Irère, d'ajouter a la leclui'e du Nouveau-Testament celle des psamues de David, dont il y u a qui semblent composés exprès pour vous, et il n'y a point <i àiues qui n'y trouvent la direeliou de h'urs voies, ce saint prophète ayant (»orlé tonte sorte d'étals de tiràee, de peelu'. tie force, de foiblesse, de paix, de combat, et de tout ce (jui peut arriver en la vie, dans Ies(|ucls la hmiière de IH<'U lui a fait