XXXII.— A Monsieur Arnauld d'Andilly
Elle lui donne quelques avis sur ce qu'il venait d'être nommé intendant de l'armée du Rhin *.
De Notre-Dame de Tard, à Dijon, ce 26 octobre 1634. Mon très-cher frère, Ma sœur le Maitre nous ayant mandé la disposition qu'il a plu au roi de faire de vous; après avoir rendu nos actions de grâces à la divine providence de ce qu'elle ne vous a pas oublié pour toujours, j'ai cru vous devoir témoigner la part que je prends à ce qui vous touche et à la satisfaction que je reçois de la disposition où je vois votre esprit en cette rencontre où vous êtes, ce me semble, adorant la conduite de Dieu sur vous, de la même façon que vous l'avez embrassée quand elle a été moins favorable, et désirant de prendre une nouvelle part à l'esprit et à la grâce deJésus-Christ pour entrer dans l'exercice oîi l'on vous emploie. 11 y a plusieurs années, mon très-cher frère, que vous vivez à vousmême; Jésus-Christ étoit content de vous parce qu'il vous demandoit une vie retirée et quasi hors du monde, et que vous correspondiez à son dessein, aimant votre solitude; maintenant il ne veut plus de vous cet amour à la retraite, et si vous la regrettiez vous feriez contre son désir. Car, comme disoit le bienheureux évêque de Genève, Dieu hait la paix de ceux qu'il appelle à la guerre. Vous devez donc à présent
* Voyez Mémoires d'Arnauld d'Andilly, W part., p. 63 et suiv., — et Lettres de la mère Angéliqite, t. 1, p. 44, lettre XXXIV.