‹ Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, publiées sur les textes authentiques avec une introduction par m. P. FaugèreChapitre 65 sur 247 · XXXVII.— A MONSIEIR LE MAITRE · texte numérisé non relu

XXXVII.— A MONSIEIR LE MAITRE

qu'elle a laite, il me semble que vous êtes la seconde personne sur qui je dois jeter les yeux, comme y recevant un coup plus sensible en la mort de ce cher frère, au(juel et à tous les autres vous tenez lieu de père; et c'est en cette qualité que Dieu veut que cette lioslie lui soit offerte de votre main, quoiqu'elle soit déjà consacrée à sa divine majesté (lar la disposition qu'il en a laite, a laquelle il ne manque plus que voire constiitenient pour faire que sa volonté soit accomplie en la terre, comme elle lest dans le ciel. Ne croircz-vous pas, mon très-cber neveu, que ce seroit inhumanité que de consentir au massacre de votre frère ? javoue que cela est odieux; aussi n'est-ce pas a cette barbarie que Jésus-(]brist veut que vous acquiesciez, mais à l'usaije qu'il a fait de ce malheur pour l'avantaye de (elui (jui par une {lurte si élroile est entré à la vie. Heyardez ou il est, et oubliez le chemin qui l'a conduit à une fin si heureuse; ou si vous ne pouvez éloigner ce douUiureux objet de votre pensée, souvenez-vous, s'il vous plait, de celui ipie le Père éternel nous expose sur le Calvaire, alin que ses prédestines se rendent conformes à son image, et consolez-vous que ce pauvre défunt ail porté devant Dieu une ressemblance si particulière à Jésus-Christ, (|ui aura sanclitié ses plaies par les siennes. Vos larmes ne les guérissent pas, mais le sang du Fils de Dieu leur servira de baume dans réternilé, où elles lui sont mille fois plus glorieuses que s'il les eût portées en la terre avec les marques de sa fidélité. La condition qu'il avoil choisie l'auroit tous les jours précipité dans île pareils dangers, et peut-être de ceux ou avec la vie on perd encore le ciel, qui seroit une afiliction tout à lait inconsolable, et qui n'a pas lieu de s'ajiprocher de nous en celte rencontre, où nous vovons une personne innocente (jui meuit jjour un sujet fort injuste, dans l'obéissance et le service des puissances auxquelles Dieu l'avoit assujettie, et cpii par cette voie est retournée a son principe (jui sera désoiniais son unique but sans craindre de le perdre. Cessons de plaindre celui (jui a plus de sujet de nojis porter compassion pour la plus grande de toutes les mi.«>èrcs qui est l'incertitude de notre salut. 0 Dieu ! mon très cher neveu,»ju'est c(,'(pie de tout(;s h-s disgrâces de livie au |»ri\ de celle-là'.' et puis(jue le» malheurs sont favorables pour l'éler-

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