LVII. — A Monsieur Singlin
Pour lui demander sa bénédiction.
{Vers juillet 1642.)
iMon père. Encore que je n'aie rien à vous mander, je ne saurois m'empêcher de vous écrire pour vous demander votre bénédiction, afin que vous me trouviez meilleure que vous ne m'avez laissée. Je voudrois bien faire une petite retraite pour cet effet, s'il plaît à notre mère de me le permettre pendant que je ne puis rien faire pour la soulager. Je me porte de mieux en mieux, Dieu merci; mais selon la foi je pense que je devrois désirer d'être encore malade, mon âme se portant mieux lors qu'elle ne fait à présent. C'est pitié que nous n'entendons point de nouvelles de la bonne mère malade; nous continuons de prier Dieu pour elle et de toujours trembler. Notre mère nous a fait peur de son mal de gorge; elle est mieux, Dieu merci.
* Sœur Marguerite-Agnès de la Trinité Mauroi. Elle est morte le 18 octobre 1644.
2 Sœur Louise de Saiule-Madeleine le Camus de BuUoyer de Uoniaiuville. Elle est morte le 15 janvier 1646.