‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 107 sur 127 · A UNE RELIGIEUSE BÉNÉDICTINE DU CALVAIRE · texte numérisé non relu

A UNE RELIGIEUSE BÉNÉDICTINE DU CALVAIRE

Elle lui parle du martyre des révérends Pères Jésuites et du désir qu’elle a

d'une semblable mort

Ma révérende et très-honorée Mère,

Je suis extrêmement consolée de pouvoir vous dire que la disposition (de santé) de votre chère sœur, ma Mère de Saint-Joseph, est beaucoup meilleure que l'année dernière; encore (de plus), qu’elle en a rendu témoignage elle-même par les lettres qu'elle a écrites à ses amis. Nous n'osions espérer de la voir jamais dans un si bon état. Mais enfin Dieu nous l'a rendue et l'a mise par sa bonté dans une assez bonne disposition pour servir nos pauvres sauvages. Elle a plusieurs Hurons à instruire, et elle est leur bonne Mère, à qui ils ont recours dans leurs nécessités.

Je croi de ces c de l'anci nouvelle plus que arriver trois de année le très-indi lité que j' tante, vo qui l'ont personnes a besoin rances en de sa pert qu'il en a à un Die il lui plaît

Il nous :

arrivera (0 çà et là fug nous men avons de une chose des Franc:

trop heure frir? Nous y avons 'C«

| présent le

(1) Elle veu étaient horrible

Je crois que vous avez déjà appris que les calamités de ces contrées sont grandes, aussi bien que celles de l'ancienne France, qui nous ont fait horreur'. La

plus que jamais notre profession, encore qu'il nous dût

trois de nos révérends Pères, qui ont répandu cette année leur sang pour la foi. Pour moi, je m'en connais très-indigne à cause de mes péchés et du peu de fidélité que j'ai à ma vocation. Ma chère Mère notre assistante, vous décrit cette précieuse mort et les merveilles qui l'ont suivie par le baptême de deux mille sept cents personnes. Vous connaîtrez par là combien cette Église

a besoin de secours. Car, si nous ne mettions nos espé-

rances en Dieu seul, nous dirions qu'elle est à deux doigts de sa perte. L'on n’a encore rien vu de semblable depuis qu'il en a jeté les fondements; mais nous avons affaire à un Dieu qui vivifie et mortifie ses enfants comme il lui plaît.

[l nous faut encore passer une année pour voir ce qui arrivera des restes de nos pauvres Hurons, qui sont à et là fugitifs dans les frayeurs de leur ruine. L'ennemi nous menace fort de venir ici nous attaquer; nous avons de la peine à croire qu'il le fasse. Ce lui serait

elle a

s dire

trop heureuses si nous étions trouvées dignes de souftir? Nous avons déjà passé les dangers de l'eau, nous y avons'couru risque de nos vies, pourquoi craindre à | présent le fer et le feu? Recommandez-nous à Celui qui

rites

dans

et l'a

ition

ieurs

à qui (1) Elle veut sans doute parler des désordres de la Fronde, qui en effet, étaient horribles.

nouvelle que nous en avons apprise nous fait estimer

Rarriver un semblable sort que celui qui est échu à .

, ma . . . A que une chose difficile, car il craint extrêmement les canons “and des Français. Ah! ma chère Mère, ne serions-nous pas ,

en est le Maître, car nous n'en voulons jouir que dans la dépendance de sa volonté. De bon cœur nous lui en offrons en holocauste tous les moments. Surtout pré- -sentez-lui, s'il vous plaît, en particulier mes propres nécessités, tandis que je le prierai de vous mettre dans la parfaite sanctification des saints.

De Québec, 1649.

Page 1