‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 109 sur 127 · LETTRE XCVII · texte numérisé non relu

LETTRE XCVII

A UNE DE SES SŒURS

Il faut suivre l'attrait de Dieu dans la vie spirituelle. — Il n'y a rien dans le monde qui puisse être comparé aux délices de la grâce,

Ma très-chère et bien-aimée sœur,

Salut très-humble dans le cœur amoureux de notre très-aimable Jésus, sanctuaire de tous les trésors de la grâce et de la gloire. Que son infinie bonté soit éternellement bénie de ce qu'il lui plaît vous continuer les largesses de son intime charité. Ne craignez point de suivre les mouvements qui vous poussent à lui parler familièrement et amoureusement. Ne serait-ce pas une grande incivilité à une personne qui serait appelée par une plus grande et plus qualifiée qu'elle, de ne pas lui répondre? Oui, ces mouvements sont la voix de Dieu qui vous appelle; il faut donc lui répondre et lui parler. Cela lui gagne le cœur et captive sa bonté infiniment portée à se communiquer à ses amis; et si vous ne lui répondiez pas selon ce qu'il vous dit intérieurement, vous en seriez responsable à son amour, qui n'aime que pour être aimé, et qui veut de notre part un retour de correspondance et de fidélité.

Je vous veux et vous souhaite, ma très-chère sœur, en cet abîme d'amour, le suraimable et suradorable Cœur de Jesus. À la mienne volonté (plût à Dieu qu'il

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Il faut que je finisse pour poursuivre mes autres réponses qui sont en très-grand nombre. Je ne puis vous dire combien j'ai d'interruptions. Cette lettre est courte, et cependant il m'a fallu faire tantôt une ligne, tantôt une autre. Lorsque nous serons dans l'éternité, abîmés en notre souverain bien, nous n'en aurons plus. Adieu pour cette année : Je suis en Lui...

De Québec, le 13 août 1650.

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