‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 11 sur 127 · AVERTISSEMENT. XV · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XV

félicitèrent avec raison d'avoir été conquis par l'Angleterre, lorsqu'ils virent la révolution de 1789 piller et renverser les églises, mettre à mort une grande partie des prêtres et des personnes consacrées à Dieu, déporter les autres et abolir, autant qu'elle put, toute trace de religion.

Les possessions anglaises de l'Amérique du Nord se composent aujourd'hui du Bas et du Haut-Canada. Le premier s'étend de l'Océan Atlantique au lac Ontario, et le second, s'avançant vers l'ouest, est limité par les Etats-Unis et le territoire de la baie d'Hudson. Divisé avant 1840 en deux gouvernements, le Canada n'en forme plus qu'un seul depuis cette époque, se gouvernant lui-même au moyen d'üne assemblée législative. Quoique soumis pour la forme au gouvernement anglais, il est peut-être le pays le plus libre et l'un des plus foncièrement catholiques qu'il y ait au monde. Il est vrai pourtant que dernièrement, dans le diocèse de Montréal, quelques esprits séduits parles idées révolutionnaires de l'Europe, ont voulu porter atteinte à la liberté de l'Eglise. Plaise à Dieu que leur exemple n'ait pas d'imitateurs!

Disons un mot des conditions climatériques du Canada, dont il est souvent question dans les lettres de la Mère de l'Incarnation, Québec est plus près de l'équateur que le centre de la France; malgré cela les hivers y sont bien plus longs et plus rigoureux. Le thermomètre y. descend’ jusqu'à 36 et 40 degrés centigrades au-dessous de zéro. On attribue cette rigueur de température aux grands lacs de ce pays et aux forêts non encore: défrichées ; mais -alors les étés devraient êtres moins chauds qu'en France, et le contraire a lieu. Le froment se sème au mois de mai et se récolte à la fin d'août: tout le pays est riche et fertile.

Il nous reste à donner aux lecteurs, sur cette nouvelle édition des Lettres de la vénérable servante de Dieu, quelques explications auxquelles ils ont droit et sans lesquelles ils ne sauraient pas si notre travail mérite leur confiance.

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