‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 13 sur 127 · AVERTISSEMENT. XVII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XVII

Quatrième Règle. — Abandonner entièrement l'orthographe de l'ancienne édition, et cela pour deux raisons. — D'abord on sait parfaitement que l'orthographe d'un ouvrage imprimé n'est pas, à proprement parler, de l'auteur de l'ouvrage, mais du correcteur des épreuves, ou du prote qui dirige le travail de l'imprimerie. Un imprimeur ne voudrait même pas reproduire les fautes d'un manuscrit, parce qu'il saurait qu'on les lui attribuerait à lui-même. — En second lieu, nous comprenons que quand un ouvrage ancien peut être regardé comme monumental, qu'on le réimprime pour les bibliothèques publiques, les archéologues ou les collectionneurs de raretés, il y a un motif légitime de le reproduire avec ses défauts et même ses bizarreries s’il en renferme. Ainsi nous comprenons parfaitement que l'on ait réimprimé les anciennes Relations des premiers missionnaires du Canada avec toute la conformité possible aux exemplaires du temps; agir autrement eût mème été une faute que des hommes de goût ne pouvaient pas commettre.! Mais le cas est tout différent pour ces Lettres, destinées à servir d'aliment spirituel aux personnes pieuses, et particulièrement aux élèves des établissements religieux, qui ne manqueront pas d'y trouver

(1) Les Relations des missionnaires canadiens sont des récits du plus grand intérêt, que ces hommes apostoliques envoyaient en France afin d'intéresser à la conversion des sauvages les âmes pieuses et zélées pour la gloire de Dieu,

Ils donnent des notions détaillées sur les peuplades qu'ils évangélisent. Ils font connaitre les conditions physiques, géographiques, météorologiques, etc. du pays, et racontent tantôt les succès, tantôt les épreuves et les revers de leur apostolat. :

La collection complète de ces Relations, dites des Jésuites, était devenue extrêmement rare, si toutefois elle existait quelque part dans ces derniers temps. Il en avait été réuni une à la bibliothèque des chambres législatives du Canada, à Québec, où deux Relations seulement faisaient défaut : celles de 1611 et de 1626; mais ce précieux trésor fut anéanti par l'incendie qui dévora tout le palais du Parlement en 1854. Après ce désastre, des hommes animés d'un véritable esprit patriotique se iivrérent aux plus actives recherches, firent appel, tant en France qu'en Amérique, aux possesseurs des exemplaires de l'ancienne

- édition et des manuscrits qui existaient; et à force de patience et de soins, ils

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