XVIII AVERTISSEMENT
une lecture non moins substantielle qu'intéressante, Pour ce dernier genre de lecteurs l'ancienne orthographe serait fatigante, ennuyeuse et nuisible.
Cinquième Règle. — Abandonner la méthode purement arbitraire, imaginée par Claude Martin, et qui consistait à diviser les Lettres en deux parties, l'une spirituelle, l'autre historique. Lui-même avait vu l'inconvénient de ce système, ainsi qu'il le prouve, par la remarque suivante : « Cette division n'est pas si juste, que les spirituelles ne soient mêlées de beaucoup de faits historiques, et que les historiques ne soient remplies de tant de piété, qu'en les lisant on croira facilement lire un discours spirituel et qui tend à l'instruction des mœurs. »
Il y a plus : en certains cas il s'est vu dans la nécessité de diviser une même lettre en deux, qu'il sépare par plusieurs centainés de pages, tout en leur donnant une même date. En agissant ainsi, Claude Martin n'est parvenu qu'à introduire une fâcheuse monotonie, à la place d'une agréable variété. En effet, les Lettres présentées dans leur ordre chronologique, qui est le seul naturel, offrent tantôt une lecture de piété sérieuse, quelquefois même de haute spiritualité; tantôt des récits historiques extrêmement intéressants, des traits de mœurs des tribus
parvinrent à former une collection complète ; puis, aidés par leur gouvernement, ils la publièrent en trois forts volumes, grand in-8°, qui furent imprimés à Québec en 1858.
Ils ont tenu, avec raison, à reproduire fidèlement l'ancien texte. Voulant même témoigner leur respect pour le caractère monumental et patriotique d’une œuvre aussi importante, ils ont porté le scrupule jusqu’à reproduire, non-seulement l'orthographe, mais les fautes des anciennes éditions,
Ces Relations sont au nombre de quarante-trois, donnant l’histoire des missions canadiennes des années 1611 et 1626; puis des quarante-et-une années qui s'écoulèrent de 1632 à 1672 inclusivement. Les dernières pages de ces précieuses annales racontent la mort de notre vénérable Mère. En voici les dernières lignes : “ Cette Ame sainte se sépara sans violence de sa chère Communauté, parce que Dieu l'appelait à soi; elle n'eut aucun sentiment de leurs regrets ni de leurs larmes, d'autant qu'elle avaii les yeux arrêtés sur la volonté de Dieu, qui avait toujours été l’objet de toutes ses délices, et son paradis en cette vie. »
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