AVERTISSEMENT. XIX
sauvages, des contrastes entre la brutale férocité de ceux qui n'ont pas encore entendu la voix de l'Evangile, et la naïve candeur des nouveaux chrétiens qui, comme le remarque la vénérable servante de Dieu elle-même, n'ont plus rien de l'état sauvage. Or tout cela produit une variété et un charme qui entretiennent l'attention et attachent le lecteur, au lieu de le fatiguer.
Un autre inconvénient de la méthode de Claude Martin est de faire parcourir deux fois au lecteur la vie apostolique de sa mère. Pour voir clairement la justesse de cette remarque, il suffit de jeter un coup d'œil sur les dates. Dans la première partie les lettres commencent aux années 1630 ou 1631 pour continuer jusqu'à l'année 1671. Alors se présente la seconde partie qui fait revenir le lecteur à l'année 1633 et l'oblige à parcourir le même espace jusqu'à cette même année 1671, l'avant-dernière de la vie de la vénérable Mère. Or il est clair que l'on ne peut plus éprouver le mème intérêt quand on recommence le même parcours, outre que la matière des Lettres
…. présente beaucoup moins de variété.
Puisse notre humble travail contribuer à faire connaître, admirer, aimer et imiter autant qu'il est possible cette âme
. éminente, l'honneur de la France et du Canada, la gloire la plus
pure et la plus éclatante, après sainte Angèle, de l'Ordre des Ursulines, le modèle de quiconque est appelé à l'exercice de la vie apostolique.
Il ne nous reste plus qu'à soumettre notre œuvre au jugement de la sainte Eglise et de son chef infaillible, ce que nous faisons
de grand cœur et avec la soumission la plus humble et la plus
entière.
Blois, le 2 avril 1876.
P. F. RICHAUDEAU.
bé LA VÉNÊÈRABLE