LETTRE III
AU MÊME
Elle se plaint d'une munière respectueuse de ce qu'il semblait vouloir la priver de sa direction : d'où elle prend occasion de lui dire jusqu'à quel point Dieu mortifiait ses inclinations propres, quoique innocentes, pour l'élever 4 la parfaite pureté de l'âme.
Mon très-révérend Père,
Votre sainte bénédiction.
L'on m'avait fait espérer qu'à la fin de votre Chapitre vous viendriez faire un tour en cette ville.’ Mais me voyant privée de cette consolation, je me suis résolue de vous dire par écrit ce que je m'étais disposée de vous déclarer de vive voix, si pourtant vous eussiez voulu m'écouter. J'ajoute cette condition, n'osant plus me rien promettre de votre part : car je vous dirai, mon révérend Père, dans la candeur avec laquelle j'ai coutume d'agir envers vous, que j'ai été fort surprise du procédé dont vous avez usé envers celle qui, depuis le premier jour qu’elle a eu l'honneur de votre connaissance et de votre direction, a été très-fidèle à vos avis. Il n’y a que Dieu qui sache l'estime qu'elle en a fait, et s'il est arrivé quelque rencontre où j'aie été obligée de communiquer avec d'autres, ç'a été à cause de votre absence et dans
(1) Un Chapitre comme celui dont il est ici question, est une assemblée de 0. religieux qui traitent d'affaires sérieuses, sous la présidence d'un supérieur.
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