‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 26 sur 127 · LETTRE XVII · texte numérisé non relu

LETTRE XVII

AU MÊME

File désire conférer avec lui de sa vocation au Canada, — La vie solide de l'esprit est celle qui transforme l'Ame en Jésus-CHrisr.

Mon très-révérend Père,

Votre manière d'agir en mon endroit me semblait dire un adieu pour toujours, et je l'aurais cru, si ma chère Mère Ursule ne m'avait assuré du contraire. Quand cela serait, vous n'avanceriez rien, car je vous trouverais partout où je trouve JÉSUS-CHRIST, et par revanche de ce que vous ne me dites rien, je lui parlerais de vous. Est-ce que vous gardez le silence jusqu'à ce que nous allions vous voir, ou que nous ayons le bonheur de vous voir ici? Ce dernier étant plus aisé, venez au plus tôt, et faites une bonne provision de temps : il n'y a personne ici qui n'ait quelque chose à vous dire, mais il me faut au moins huit jours pour moi seule. Ne savez-vous pas que nous n'avons pu dire par lettres tout ce qui concerne notre grande affaire? Et de plus, j'ai des nouvelles toutes fraîches qui ne se peuvent écrire, et que je réserve à vous dire à l'oreille.

Notre révérende Mère me menace fort de vous; mais quelques menaces qu'elle fasse, vous savez le respect que j'ai pour elle, et dans nos élections qui approchent, j'ai bien de la crainte de la perdre. Vous me blâmerez

… enco:

* ricor.

…je pc L créat

… lâche » tiendi

e de l'esprit

semblait 1, Si ma ntraire.

r je vous , et par ui parle- > jusqu'à ayons le lus aisé, ision de ue chose ars pour pu dire affaire?

ui ne se l'oreille.

us; Mais > respect Jrochent, blâmerez

de ce que je ne me perds pas moi-même dans le dessein “ de Dieu; mais, mon cher Père, vous savez le bt join que … nous avons d'une conduite aussi sage que la sienne. … Béni soit JESUS en ses ordonnances. Je ne sais si je me :: trompe ou si je me flatte, mais je ne désespère point . “ encore pour le Canada; j'attendrai de Dieu cette misé- » ricorde jusqu'à la fin : si sa justice nous veut punir, “je porterai ce fléau, très-rude à la vérité pour une # créature aussi faible que je suis. Forcez le ciel et gagnez “ par vos sacrifices ce que nous ne sommes pas dignes de posséder. Mon cœur se dispose depuis longtemps 0 à ce grand dessein, mais je ne puis vous assurer s'il si sera constant comme il se promet, à cause de mes Jâchetés. Prenez-le entre vos mains, et quand vous tiendrez le Sang de mon divin Jésus, plongez-le dedans, … et dites-lui qu'il me mette dans l'état où il me veut, et ! sous telle conduite qu'il lui plaira. Offrez-lui quelques … petites difficultés que je souffre à cause de mes puérilités, et qu'il me donne en échange son esprit : car, en D vérité, je ne vois rien qui me soit plus à cœur que la vie î solide, qui transforme en JÉsus. Je vous mets tous les ; Dire en son cœur, et comme une victime j'en fais un … sacrifice au Père Eternel. Je crois que vous m'en ) avouerez (ne me désavouerez pas), et que vous n'ou- : blierez point celle qui osera se dire, partout où elle sera, votre.

qu De Tours, le 19 mars 1637.

ms

Page 1