LETTRE XVIII
AU MÊME
Elle lui fait part des nouvelles qu'elle a reçues du Canada, particulièrement du
zèle des Révérends Pères Jésuites pour le salut des âmes ; et du danger où ils ont été de souffrir le martyre.
Mon très-révérend Père,
Je ne puis rien apprendre que je sache vous pouvoir donner de la consolation, que je ne vous en fasse part. Nous avons recu des nouvelles du paradis terrestre des Hurons et du Canada. Le révérend Père Le Jeune a écrit à notre Mère et à moi. Je m'imagine qu'il la remercie de ce qu'elle a agi de concert avec lui pour me mortifier. Pour mon regard,' il ne me parle en aucune manière du Canada, mais il me fait une grande lettre aussi humiliante que la première. N'est-ce pas là un bon Père? C'est un autre vous-même à mon égard; il m'oblige infiniment; car je vois par là qu'il me veut du bien, et que si j'étais auprès de lui, il me traiterait à votre gré.
Le révérend père Adam me mande que le Muuitou
(1) La Mère de l'Incarnation emploie souvent tournure, usitée son temps, et que l'on remplace aujourd'hui par les antes : Pour ce qui mr r'égarde ; pour ce qui me concerne.
(2) C'est le démon que les sauvages reconnaissent comme une divinité, (Note de CI. Martin.)
fruit.
“ l'accoi
été st …consei “les u 4 ne l'êt “de so “peste 4 le der | persu \ leur n . occasi . bèren , dans | # se tou
aux pi Lef
rement du nger où ils
pouvoir se part.
istre des eune à qu'il la lui pour parle en e grande e pas là n égard, me veut traiterait
Muuitou
sitée soi
” ce qui mr
vinité. (Note
S as EE
est tellement enragé du progrès de la Foi dans les lieux
ï où il prêche, que le jour de saint Barnabé il fit trembler
» Ja terre, en sorte que l'habitation des révérends Pères, * eux et leurs gens furent épouvantablement ébranlés. “ Ce tremblement se fit ressentir l'espace de cinq lieues, “la terre bondissant comme si elle eût couru après les “ sauvages, qui en furent épouvantés au possible. On leur dit que c'était un avertissement et une menace de celui “qui a tout fait. C'est une merveille, dit ce Père, d'en- “tendre en plusieurs endroits de leurs bois retentir les
Mnoms de Jésus, de Marie et de Joseph. En effet quelle L. consolation que le cher Epoux de nos cœurs soit loué “en diverses langues dans une barbarie aussi invétérée
pu '
“ qu'est celle-là! Qu'il en soit éternellement béni. « Le révérend père Chastelain ne fait pas moins de fruit dans les Hurons. Il m'écrit que lui et ceux qui Ll'accompagnent ont été à deux doigts dé la mort. Ils ont été sur la sellette en posture de criminels dans un “conseil de sauvages. Les feux étaient allumés plus près “les uns des autres qu'à l'ordinaire, et ils semblaient i ne l'être que pour eux, car on les estimait convaincus de sortilége, et d'avoir empoisonné l'air qui causait la
“peste par tout le pays. Ce qui mettait les Pères dans
qe dernier péril, c'est que les sauvages étaient comme … persuadés que ces malheurs publics prendraient fin par
\ Lleur mort. Les Pères néanmoins firent paraître en cette
“occasion une si ferme constance, que les armes tom-
+3 É A "bèrent des mains de ces barbares, en sorte qu'ils furent %: dans l'impuissance de leur rien faire. Toute leur colère
: se tourna contre un de leur parti, qu'ils massacrèrent peu : . , F … aux pieds des Pères, dont il avait conspiré la mort.
Le père Garnier m'écrit du même lieu sur une écorce arbre aussi blanche et polie que le velin. Il me dit que
les souhaits que je fais pour lui, savoir qu'il soit assommé pour JÉsus-CHRIST, eussent peut-être été accomplis, si ses malices (ses fautes) ne les eussent empêchés. Si tout le monde’avait autant d'envie que j'allasse en ces pays que lui, mes affaires seraient bien avancées; mais mes fautes sont trop grandes devant Dieu, pour mériter un si grand bonheur.
Ils ont baptisé en cette résidence de la Conception cent personnes, du nombre desquelles quarante avancées en âge sont mortes, aussi bien que vingt enfants, qui sont de petits anges qui peuplent aujourd'hui le paradis. Il y a des chrétiens qui mènent une vie si parfaite et si sainte, que ceux qui les voient et qui les entendent ont de puissants motifs de louer la divine bonté. Je crois que le zèle du salut des âmes vous fera redoubler vos vœux pour ces pauvres peuples, aussi bien que pour les
révérends Pères dont Dieu se sert pour leur conversion.
Vous ne m'oublierez pas puisque j'y suis en désir, étant très-indigne d'y être par effet.
Nota. — Cette lettre n'est pas datée ; mais il est facile de voir que c'est ici sa véritable place, à moins qu'elle n'ait été écrite avant la précédente.
Élle la f © de l'ac
"0 d'exéci
Sie
divin
Paradis assez h ab divin pouvoir
ssommé mplis, si , Si tout ces pays nais mes
mériter
nception avancées ants, qui e paradis.
faite et si ndent ont , Je crois ubler vos e pour les
onversion..
ésir, étant
que c'est ici sa
ni bE LA MÉRE MARIE DE L'INUARNATION. 19