‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 28 sur 127 · A MADAME DE LA PELTRIE · texte numérisé non relu

A MADAME DE LA PELTRIE

È . LU + , U Élle la félicite du dessein qu'elle » d'aller en la Nouvelle France : elle s'offre

pe de l'accompagner, et l'invite 4 * à Tours pour conférer des moyens d'exécution.

: Madame,

. Béni soit le grand JEsus, de qui les desseins et les dimables providences sont toujours adorables, surtout dans les temps de leur exécution!

. Le révérend Père Poncet, extrêmement zélé pour tout m qui regarde la plus grande gloire de Dieu, me donnant avis de votre généreux dessein, a fait dilater Non cœur par un épanchement tout entier en bénédicbr et en louanges à la divine bonté, pour les inven-

ons admirables qu'elle a de se faire des sujets dignes d'être les instruments de sa gloire. Quoi, Madame, notre divin Maître JESUS veut-il vous introduire dans le paradis terrestre de la Nouvelle France? Serez-vous assez heureuse d'y aller brûler de ses flammes saintes ef divines! Il est vrai qu'il y a des glaçons, des ronces, des épines; mais le feu du Saint-Esprit a un souverain pouvoir pour consumer tout cela, et même pour fendre les rochers. C'est ce feu divin qui anime et fortifie les âmes saintes, qui les fait passer par les plus grands vaux, qui fait qu'elles se méprisent elles-mêmes,

Ù LETrR. M. 4

et quelles prodiguent leurs biens et leurs vies pour la

AL part € conquête des âmes rachetées du sang de JÉSUS-CHRIST. * indign

Ah! ma chère Dame, chère épouse de mon divin Gipatic Maître, en vous trouvant, j'ai trouvé celle qui l'aime ire d

en vérité, puisqu'il n'y a point de plus grand ni de plus #5tre.. véritable amour que de se donner soi-même et tout ce, ”

qu'on a pour celui qu'on aime. Et puisqu'il a plu à sa De miséricorde de me donner les mêmes sentiments, il me ; ‘semble que mon cœur est dans le vôtre, et que tous g deux ensemble ne sont qu'un dans celui de JESUS, au : milieu de ces espacss larges et infinis, où nous embrassons les petites sauvages, leur enseignant comme il faut aimer celui qui est infiniment aimable. Voulez-vous donc bien, Madame, me faire cette grâce et à celle de BE “‘: mes compagnes que Dieu voudra choisir, de nous mener À

Due

à Elle lui ap

avec vous, et de nous lier à votre généreux dessein? d'Ureuli Il y a cinq ans que j'attends l'occasion d'obéir aux Difficulté semonces (instances) pressantes que m'en fait le Saint- religieus

Esprit; et, à n'en point mentir, je crois que vous êtes celle de qui sa divine Majesté veut se servir pour me faire jouir de ce bien. Ah! si je pouvais vous posséder ici pour vous ouvrir mon cœur et me conjouir avec. vous sur cette haute entreprise, je m'assure, ma chère Dame, que notre bon JÉsus l'aurait très-agréable, et qu'il vous récompenserait de la peine que vous prendriez de faire un voyage de soixante lieues. Mais que dis-je? puisque vous en voulez faire plus de mille par des passages dangereux, soixante seront peu, au regard de votre amour. Je vous en ose conjurer par le même amour qui brûle votre cœur; et s'il vous plaît nous (M donner cette consolation, je puis vous assurer que vous » trouverez ici des âmes qui vous aiment tendrement, et qui vous recevront comme leur étant envoyée de la

Jour la HRIST.

, divin l'aime de plus tout ce.

lu à sa s, il me ue tous iSUS, AU embraseil faut lez-vous celle de js mener dessein ?

éir aux e Saintous êtes pour me posséder

ir avec |

na chère éable, et s pren-

fais que :

aille par u regard le même ait nous que vous irement,

vée de la !

4 dire dans la liaison du Saint-Esprit inséparablement votre...

part de leur céleste Epoux. Et moi qui suis la plus indigne de toutes, j'ose encore vous demander la participation de vos saintes prières, et la grâce de me

De Tours, le novembre 1638.

“ ÿ" 1% oi de fs Lo # La Ÿ

Page 1