LETTRE XXXIII
A UNE RELIGIEUSE URSULINE DE TOURS
Elle exprime son désir de lui rendre service.
Ma très-chère et bien-aimée Sœur,
La paix et l'amour de l'aimable Jésus.
\ Il me tardait d'avoir de vos nouvelles, car il est vrai que mon cœur est tout à fait uni au vôtre, et je n'ai point douté que de votre part vous n'ayez beaucoup prié pour moi. Nous avons ici ressenti l'effet de vos prières et de celles de votre sainte Communauté, qui, non contente de ses prières, a encore voulu nous combler de ses bienfaits. Le Dieu du Canada saura bien les récompenser. Je me suis mise en peine de vous faire chercher un pied d'élan; mais vos lettres sont venues sitard que je n'ai encore rien d'assuré.' Je ferai mon possitle pour en trouver, prenant un singulier plaisir de vous rendre quelque petit service. Vous savez com-
désire avoir un pied d'élan, animal gros comme un bœuf, et ressemblant beaucoup au cerf, Voici une explication qui me semble très-vraisemblable. Beaucoup de médecins, au XVIIS siècle, croyaient que la corne des pieds de l'élan était un remède infaillible pour guérir l’épilepsie : en sorte que si la guérison n'avait pas lieu, on supposait que la substance employée n'était pas de vraie corne d'élan. Il'est donc probable que quelque médecin ou pharmacien aura prié les Ursulines de Tours de lui procurer le précieux médicament.
(1) On se demandera peut-être par quelle singulière fantaisie une religieuse
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bien je puis peu en effet; mais d'affection je ne sais ce que je voudrais faire pour vous, ma chère sœur, qui prenez tant de part à mon bonheur. Priez la divine bonté que mes péchés ne me privent point des biens qu'elle me veut faire, si je lui suis fidèle. Adieu, ma très-chère sœur.