LETTRE XLII
A ZA MÊME
Les Iroquois attaquent les sauvages des Trois-Rivières. — Ils sont chassés par les Français. — Progrès de la Foi chez les nations sauvages.
Ma très-révérende et très-honorée Mère,
La présente n'est que pour vous réitérer ce que je vous ai déjà écrit en plusieurs lettres par la voie de Dieppe. Si vous voyez les révérends Pères Le Jeune, Adam et Quentin, qui passent en France pour les nécessités de la mission, ils vous diront que les affaires de la foi vont très-bien à Sillery, Québec, Tadoussac, et Saguenay. Mais elles sont traversées aux Trois- Rivières, où les Iroquois font une guerre mortelle
(1) Cette union dont il est ici parlé, est l'alliance des religieuses de Tours
et de celles de Paris, qui étaient de deux différentes Congrégations. (Note*de CI. Martin.)
à nos bo au delà jt jusqu'ici, pourquoi livré proc et nos Fr chassés. ] quantité Ces derni.
en leur p:
plusieurs les autres ont pris ci sait ce qu Trois Rivi pays, et le:
le diable f ce qu'on | augmenter Lon a à lesquels pa instruire 4 Pères Pija peuvent s travaillent grands tre Chaumono gile dans jusqu'à mo avoir la té peuples si sortilége, i réciter leu
eu lu
on per
assés
e je \ de ne, les ires sac, oiselle
Tours 0 te*de
à nos bons sauvages, comme aussi à ceux qui sont au delà jusqu'aux Hurons. S'ils osaient, ils viendraient jusqu'ici, mais il n'y ferait pas bon pour eux, c'est pourquoi ils s'en éloignent. Dans un combat qu'ils ont livré proche des Trois-Rivières, M. notre Gouverneur et nos Français ont donné dessus, les ont défaits et chassés. Dans cette déroute néanmoins, ils ont pris quantité de Hurons, d'Algonquins et d'Algonquines. Ces derniers voulant se venger, sont allés furtivement en leur pays, sont entrés dans leurs cabanes, ont tué plusieurs femmes et enfants, et ont pris la fuite. Mais les autres s'en étant aperçus, les ont poursuivis et en ont pris cinq qui sont peut-être déjà mangés, car on ne sait ce qu'ils sont devenus. Enfin tous les sauvages des Trois Rivières ont quitté; plusieurs sont allés en leurs pays, et les autres se sont réfugiés ici. C'est ainsi que le diable fait paraître sa rage, tant il a de dépit de ce qu'on le dépouille sans cesse de ses sujets pour augmenter le royaume de JÉSUS-CHRIST.
L'on a découvert quantité de peuples du côté du nord, lesquels parlent algonquin et montagnais. Tous se font instruire avec une telle bénédiction que les révérends Pères Pijart et Rimbault, qui y sont employés, n'y peuvent suffire et demandent du secours. Les Pères qui travaillent aux Hurons y ont souffert cette année de grands travaux. Les révérends Pères de Brebeuf et Chaumonot ont jeté les premières semences de l'Evangile dans la nation neutre, où ils ont pâti presque jusqu'à mourir. Le révérend Père Chaumonot a pensé avoir la tête fendue d'un coup de caillou. Comme ces peuples s'imaginent que la prière est une espèce de sortilége, ils n'osent presque remuer les lèvres pour réciter leur office. Cela n’a pas empêché qu'un des plus
us” sx 2 7 LS % Re PE RS
grands et des plus fameux sorciers des Hurons n'ait été baptisé à Sillery, où notre séminariste Thérèse le prêcha deux heures et demie la veille de son baptême.
Nos séminaristes font un grand progrès dans la foi et dans la piété. Toutes sont baptisées, et nous en avons eu cette année jusqu'à quarante-huit; sans parler de plus de huit cents visites de sauvages que nous avons assistés selon notre possible. Nous nous établissons à Québec comme au lieu le plus sûr pour nos personnes, et le plus avantageux pour l'instruction. Les Mères Hospitalières y font aussi achever une maison. Et même, MM. de Mont-Réal y font faire une maison et un magasin, Car il est nécessaire qu'ils aient ici un lieu de retraite, Mont-Réal n'étant pas encore en assurance à cause des incursions et des guerres continuelles des Hiroquois.
Nous avons reçu vos libéralités et celles de nos amis; nous en avons fait des robes à nos sauvages, qui en ont été ravies, n'étant pas accoutumées de se voir si braves. Nous leur avons fait un festin général, où nos révérends Pères se sont trouvés et ont pris occasion de nos largesses, de leur faire voir l'affection qu'on leur porte en France. Nous avons encore reçu tous les articles d'union qu’on nous a envoyés, je vous fais un million de remercîments de les avoir agréés et approuvés. Adieu, ma chère Mère, mais sans adieu, car cette lettre doit être suivie de quelques autres, mon cœur ne pouvant laisser passer d'occasions sans vous donner des marques de son amour, et se sentant obligé de vous
(1) Encore aujourd'hui, dans certaines campagnes du centre de la France, ce mot signifie vétu avec élégauce et recherche. C'est en ce sens, je crois, que Salomon a dit, au sujet de la Femme forte : NogiLis vér ejus quando sederit cum senatoribus terræ, (Prov. 31, 23.)
faire savoi derniers v jours devar être la réc«
De Qué
Elle l'exhorte à :
a fait professic Canada. — Fe
Mat
La paix pour l'étern
J'ai reçu Père Le Jet ce qui m'a I des nouvell réjouis des si libéralem que sa bon parfaitemen jours. Je m vous assuje régner. Vo exécuter un
faire savoir ce qui se passera ici jusqu'au départ des derniers vaisseaux. Cependant je vous vois tous les jours devant la divine Majesté, que je supplie de vouloir être la récompense de vos bienfaits.
De Québec, le 16 de septembre 1641.
LETYRE XLIIL.
A UNE DE SES SŒURS
Elle l'exhorte à mener une vie parfaite, et se réjouit avec elle de ce que son fils a fait profession dans l'Ordre de Saint-Benoît, — Progrès de la Foi dans le Canada. — Ferveur des nouveaux convertis.
Ma très-chère et bien-aimée Sœur,