À UNE SUPÉRIEURE D'URSULINES DE SAINT-DENIS, EN FRANCE
(La Mère Marie de l'Incarnation.)
Priée par elle d'être sa médiatrice auprès de Dieu, elle prend la qualité de servante, — Abondance de grâces que Dieu verse dans le Canada. — Qualités que doivent avoir celles qui y sont appelées.
Ma très-révérende et très-honorée Mère,
Salut très-humble dans le sacré cœur de notre bon JESUS. |
C'est Lui qui me procure des amis qui le puissent prier pour moi qui en ai des besoins extrêmes. Vous êtes trop humble, ma chère Mère, de vouloir chercher en moi une médiatrice auprès de Dieu, puisque je n'ai ni force, ni vertu pour cela, mais bien pour être votre ietite servante aux pieds de Jksus-Carisr. Pour ce titre
Dr eme ms .
#2 nn mm at” ET > 0 “ ren een —— a ne ns Es EEE TEE, " AS Pr
| 40 fi
je le chérirai, et je vous assure que je tâcherai de vous y rendre le plus fidèle service qu'il me sera possible, et que vos intérêts y seront les miens. Pour le pacte
dont vous me parlez, il est fait; mais sachez, ma toute :
chère Mère, que si vous en ressentez les effets, il les faudra attribuer à votre sainte intention, et non à mes demandes.’ Pour moi, j'ai besoin d'une plus grande force d'esprit et d'une vertu plus pure, que je n'ai pas, pour être une digne missionnaire de JESUs- CarisT. Il est peut-être vrai que les grâces de Dieu se communiquent plus abondamment en Canada qu'en France, parce qu'il y a moins d'objets et de sujets capables de prendre le cœur. Maïs hélas! ma trèsbonne Mère, je suis tout l'objet et tout le mal de moimême. Il n'en est pas ainsi de tous les autres; j'y vois des âmes si épurées de tout, qu'il semble qu'elles ne soient plus de la terre, Dieu les conduisant dans un dénûment si grand, qu'il semble qu'elles ne tiennent plus qu'à Dieu. Il opère en elles ce dégagement d'une manière si admirable, qu'elles ne connaissent plus rien que leur néant dans cet unique Tout. Le bon Père Le Jeune, que vous avez vu, est de ceux-là, et je ne m'étonne pas que vous en ayez eu la satisfaction que vous dites, puisque selon la parole de notre Maître, la langue rend témoignage des sentiments du cœur. Il m'a parlé de vous et de votre sainte famille, de laquelle il est très-satisfait : surtout il ma parlé de votre bonne religieuse de laquelle aussi vous m'écrivez. Nous vous avons une très-grande obligation de nous aimer jusqu’à ce point de nous la vouloir donner; mais pour le présent nous avons quelques raisons pour
(i) Ce pacte est une communication de prières et de mérites. (Note de CI
Martin.)
lesquelles année. N demande, sil vous p que les vw bien éprou soit utile, soit pas le recevrions avons en exposer un requises, ta est nécessa ment appre Supporter le et nullemer qui est fort pourvu qu'e pour s'accon mouvement Mère, car vc Vous puis ca ter cette bon et C'est en c Cependant jé Mais, à ce q demeurons d 1e Savez pas imes, en atf volontés, et n saint service lhonore bea saintes prièr
lesquelles nous ne pouvons faire passer des filles cette année. Nos Mères d'Angers nous ont fait la même demande, je leur fais aussi la même réponse. Permettez, sil vous plaît, que je vous dise en amie et en confiance, que les vocations de cette importance méritent d'être bien éprouvées : faites donc en sorte que ce délai lui soit utile, et servez-vous-en à cet effet, quoique ce ne soit pas le sujet pourquoi on la retarde, car nous la recevrions de votre main dans la confiance que nous avons en votre prudence, laquelle ne voudrait pas exposer une de ses filles, si elle n'avait les qualités requises, tant de corps que d'esprit. Pour le corps, il est nécessaire qu'elle soit jeune, pour pouvoir facilement apprendre les langues; qu'elle soit forte, pour supporter les fatigues de la mission; qu’elle soit saine et nullement délicate, afin de s’'accommoder au vivre qui est fort grossier en ce pays. Et quant à l'esprit, pourvu qu'elle soit docile, soumise, et de bonne volonté pour s’accommoder à notre union, cela suffit. J'ai eu un mouvement secret de vous dire tout cela, ma très-chère Mère, car vous m'ouvrez si fort votre cœur que je ne vous puis cacher le mien. Je vous supplie donc d'exhorter cette bonne fille à la patience et à la persévérance; et c'est en cela même que l’on connaîtra sa vocation. Cependant je la salue et l'embrasse de tout mon cœur. Mais, à ce que j'apprends, vous êtes aussi canadienne : demeurons dans cette union de cœurs; et puisque vous ne savez pas ce que Dieu fera de vous, gagnez-lui des imes, en attendant l’accomplissement de ses divines volontés, et pendant que je fais ici mille fautes à son saint service. Je salue votre sainte Communauté que jhonore beaucoup, et j'ose me recommander à ses saintes prières. Toutes mes sœurs font de même, et