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petite maison de Québec. Cela s'est encore remarqué par la miséricorde de Dieu, dans l'élection que nous venons de faire d'une supérieure. Nous sommes neuf religieuses de quatre maisons différentes, et néanmoins nous avons été si unies dans nos pensées, que ceux qui ont assisté et présidé à notre élection, ont dit hautement que Dieu régnait parmi nous. Nous avons élu ma révérende Mère de Saint-Athanase, qui est du grand couvent des Ursulines de Paris. C'est une très-digne et vertueuse religieuse, qui passa en Canada la seconde année de notre établissement : remerciez s’il vous plaît Notre-Seigneur de nous l'avoir donnée. Elle se donne l'honneur de vous écrire pour vous remercier de vos charitables soins, et moi je vous en rends grâces de tout mon cœur.
Je suis de votre avis, ma très-honorée Mère, que l'union de nos maisons serait bien nécessaire pour le progrès spirituel et temporel de notre Ordre; mais cette affaire est entre les mains de Dieu : les hommes ont de la peine à y travailler, car ils n'y voient goutte; ils pensent que les filles sont trop attachées à leurs maximes pour les vouloir quitter, afin d'en prendre d'autres. C'est là le point qu'on appréhende le plus. Unissons-nous à notre souverain et unique Maître, qui fera ce miracle q'iand il lui plaira, comme il a fait celui que nous voyons, de rendre les Iroquois des agneaux, de loups ravissants qu'ils étaient auparavant. Ainsi ne désespérons pas, ma très-chère Mère; nous lui appartenons, et nos affaires sont les siennes. Je vous supplie de nous conserver votre sainte et charitable affection, et soyez persuadée que je prie tous les jours pour vous, my sentant portée par une inclination particulière, et par l'affection sincère avec laquelle je suis...
De Québec, le 14 de septembre 1645.
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