‹ Lettres de la révérende mère Marie de l'Incarnation (née Marie Guyard) [microforme]Chapitre 89 sur 127 · LETTRE LXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE LXXIX

A UNE SUPÉRIEURE DES URSULINES DE DIJON

Elle lui mande le progrès de la Foi, nonobstant l'hostilité des Iroquois, et la remercie d'une aumône envoyée par sa Communauté.

Ma révérende Mère,

Ce m'est chaque année une nouvelle consolation d'apprendre la sainte ferveur qui se nourrit en votre communauté pour cette Eglise. C'est ce qui la soutient et la fortifie contre ses ennemis. Quoique les perfides Iroquois aient rompu le traité de paix qu'ils avaient fait avec les peuples de ces contrées, et qu'ensuite ils aient fait mourir le révérend Père Jogues, son compa-

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gnon et quatre-vingts tant chrétiens que catéchumènes dune mort très-cruelle, néanmoins trois autres nations se sont rangées sous le sacré joug de JÉSUS-CHRIST, et d’autres encore sont disposées de s'y rendre. L'on a baptisé bien six cents personnes; c'est de quoi consoler les âmes saintes qui se joignent avec nous dans la cause du Fils de Dieu. Notre révérende Mère vous en écrit plus au long. Nous prions Dieu pour la guérison de votre bonne Sœur, à laquelle je souhaite une bonne santé, si c'est pour la gloire de sa divine Majesté. Nous ne SaAVONSs pas pourquoi elle a permis ce vœu, elle le fera connaître en son temps. J'admire les ferveurs de toutes nos chères Mères; je crois que Dieu a sur elles des desseins particuliers qu'il saura faire réussir en leur temps; je les offre avec vous à sa bonté. Je vous remercie aussi, ma très-honorée Mère, de vos grandes charités en notre endroit; nous tâcherons avec nos chères séminaristes de les reconnaître par nos petites prières. Je vous demande le secours des vôtres en particulier, et suis aux pieds de JÉSus, en toute humilité, votre...

De Québec, le 14 de septembre 1647.

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