AVERTISSEMENT. XII
au nom de la France en 1534, et l'appela la Nouvelle-France. Il était parti de Saint-Malo avec trois vaisseaux et une centaine de compagnons, auxquels s'étaient joints plusieurs nobles gentilshommes. Tous, Jacques Cartier en tête, avaient communié à la cathédrale le jour de la Pentecôte, trois jours avant leur départ; puis, à l'issue de la grand'messe, en présence d'une foule nombreuse de fidèles, ils s'étaient prosternés devant leur évêque, revètu de ses habits pontificaux, et lui avaient demandé une solennelle bénédiction comme gage du succès de leur entreprise.
Cartier planta la croix sur les rives du fleuve Saint-Laurent, et revint en France pour aviser aux moyens de rendre sa découverte utile à son pays; mais, dans les desseins de Dieu, sa mission était finie.
La colonisation du Canada ne commença qu'au siècle suivant, après que Champlain, le vrai Père de la Nouvelle-France, non moins chrétien et plus heureux en cela que Cartier, eût pris de nouveau possession de cette contrée en arborant le drapeau blanc sur le promontoire de Québec, le 3 juillet 1608. Sept ans plus tard, on y vit arriver les Récollets, auxquels se joignirent bientôt les Jésuites, qui rivalisèrent de zèle apostolique et de soif du martyre avec les enfants de saint François. Ce n'est pas le lieu de parler de leurs travaux, ni de répéter ce que nous avons dit dans la VIE de notre vénérable Mère
} touchant le caractère profondément religieux de la colonisation
du Canada.
Les progrès matériels furent lents, souvent arrêtés par de terribles épreuves; mais une action visible de la Providence,
"} ainsi que la servante de Dieu en fait souvent la remarque,
relevait toujours les affaires au moment où elles paraissaient
: le plus désespérées. On parlait de tout abandonner, de retour-
ner en France, et en même temps on plantait, on bâtissait,
L on se mariait, les familles devenaient de plus en plus nombreuses, etc. Après l'expédition de M. de Tracy contre les